Thèmes – Travail – Baromètre Conditions de travail

Les horaires de travail : une zone problématique des conditions de travail

Le SECO a présenté aujourd’hui les résultats obtenus par la Suisse dans la sixième enquête européenne sur les conditions de travail. En plus de l’évolution négative dans les sollicitations physiques, ce sont surtout les horaires de travail qui s’avèrent être une zone problématique. Les résultats correspondent, dans une large mesure, aux résultats du « Baromètre Conditions de travail », l’outil d’évaluation des conditions de travail de Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et des travailleuses. Travail.Suisse luttera de manière véhémente contre la détérioration des conditions de travail. suite

Depuis 1990, l’enquête européenne sur les conditions de travail (European Working Conditions Survey EWCS) effectue tous les cinq ans un examen comparatif des conditions de travail en Europe.

Des horaires de travail longs et flexibles avec des conséquences négatives sur les travailleurs

A côté d’une augmentation des sollicitations physiques depuis 2005, l’EWCS souligne surtout les horaires de travail comme un domaine problématique des conditions de travail en Suisse. Non seulement la semaine de travail de 42 heures est nettement plus longue que la moyenne européenne (39 heures), mais le taux des changements à court terme des horaires de travail de 18,2% touche nettement plus de travailleurs que dans l’UE (12.5%). En outre, en 2015 seule une minorité de travailleurs de 42,2% indique disposer d’un choix libre pour la pause; environ 12 points de pourcentage de moins qu’en 2005. En conséquence, un quart des travailleurs est, souvent ou toujours, stressé au travail et même un tiers des travailleurs se sent souvent ou toujours épuisé après une journée de travail. « Nous avons connaissance de ces résultats concernant l’augmentation du stress psychosocial et des horaires dans le monde du travail, grâce au « Baromètre Conditions de travail » ; là aussi, les travailleurs se plaignent de perte d’autonomie dans l’emploi du temps et de la suppression ou de la réduction des pauses », dit Adrian Wüthrich, président de Travail.Suisse.

Nouvelle attaque contre les horaires de travail au Parlement

Bien que les travailleurs soient déjà confrontés en Suisse à des horaires de travail longs, flexibles et pénibles, le Parlement travaille sur un autre démantèlement de la protection des travailleurs. Les deux initiatives parlementaires Graber (16.414) et Keller-Sutter (16.423) visent à déboulonner la saisie du temps de travail, à supprimer la limitation de la durée maximale du temps de travail hebdomadaire et à réduire le temps de repos. « C’est surtout la suppression de la saisie du temps de travail qui rend impossible le contrôle des dispositions matérielles de la loi sur le travail. Cela signifie du travail gratuit fourni par les travailleurs, une augmentation massive du stress et des risques pour la santé ainsi qu’une impossibilité à concilier le travail, la famille, la vie privée et la formation continue », indique M. Wüthrich. D’ores et déjà, les travailleurs fournissent en Suisse près de 200 millions d’heures supplémentaires annuelles qui, à l’avenir, n’apparaîtront même pas dans les statistiques. La pression mise par ceux qui veulent libéraliser le temps de travail est d’autant plus incompréhensible qu’un compromis entre partenaires sociaux pour la dérégulation de la saisie du temps de travail vient d’entrer en vigueur le 1er janvier 2016. Les conséquences de ces nouvelles dispositions doivent d’abord être examinées avant de prendre d’autres décisions. Travail.Suisse luttera de manière véhémente contre les nouvelles détériorations des horaires de travail qui veulent être imposées aux travailleurs.

Pour de plus amples informations:
Adrian Wüthrich, Président de Travail.Suisse, 031 370 21 11 ou 079 287 04 93

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2017 05 22 TravailSuisse EWCS Lange-Arbeitszeiten-sind-ein-Problem-in-der-Schweiz f.docx 44 KB

22 mai 2017, Gabriel Fischer, Responsable politique économique Drucker-icon

Les travailleurs et travailleuses sont mécontents des salaires et des horaires de travail

Le «Baromètre Conditions de travail» est édité annuellement en tant que projet de coopération entre la Haute école spécialisée de Berne et Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses. Les résultats représentatifs mettent en lumière la qualité des conditions de travail en Suisse et leurs modifications. L’édition 2016 montre, à côté de grandes charges psychosociales et d’un manque de promotion de la formation continue, une insatisfaction grandissante concernant les salaires et les horaires de travail. suite

Alors que les charges comme le stress, la pression des délais, le manque de promotion de la santé ou de la formation continue restent à la hausse, la satisfaction concernant les salaires et les horaires de travail diminue. La sécurité de l’emploi, quant à elle, semble également connaître un léger recul.

De grandes différences entre les branches et les régions

Les résultats du baromètre 2016 montrent que les travailleurs et travailleuses en Suisse s’identifient à leur travail et qu’ils l’évaluent, d’une manière générale, comme utile et porteur de sens. Mais ce qui est préoccupant, c’est l’ampleur des charges psychosociales : « Toujours plus de stress et d’épuisement émotionnel sont aujourd’hui une réalité pour la plupart des travailleurs et travailleuses », dit Gabriel Fischer, Responsable de la Politique économique de Travail.Suisse, en ajoutant : « Le fait que les travailleurs évaluent comme insuffisantes les mesures pour la promotion de la santé et de la formation continue renforce encore davantage les charges psychosociales. » Dans la comparaison annuelle, il apparaît de manière évidente que la satisfaction concernant les salaires diminue, que les travailleurs peuvent de moins en moins organiser eux-mêmes leurs horaires de travail et que la quantité de travail augmente en permanence. Dans un cas normal, l’entretien annuel des collaborateurs offre la possibilité d’évoquer ce genre de charges et d’insatisfactions, mais malheureusement, l’enquête montre que plus de la moitié des travailleurs n’ont, soit aucun entretien, soit des entretiens qui ne sont d’aucune utilité.

Les déficits mentionnés ne sont pas répartis de manière homogène dans toutes les branches et dans toutes les régions. Dans les régions, ce sont surtout les travailleurs et travailleuses de la Suisse latine qui subissent une forte pression. « Au Tessin et dans la région de Genève, jusqu’à un quart des travailleurs (26,6%) se font du souci quant à leur poste de travail – dans le reste de la Suisse, ils ne sont plus que 13,2% », dit M. Fischer. Dans les charges psychosociales aussi, il y a des différences très nettes : Alors qu’en Suisse allemande, environ un tiers des travailleurs se sent souvent ou très souvent épuisé émotionnellement après une journée de travail, dans la région de Genève et au Tessin, cette valeur est nettement plus élevée et s’avère être une réalité pour presque un travailleur sur deux. Dans les branches, l’évaluation des conditions de travail dans le commerce du gros et du détail, dans la restauration, ainsi que dans les transports et le stockage est inférieures à la moyenne, le sens du travail est également évalué de manière particulièrement critique dans la branche de la finance et des assurances.

Pour une saisie du temps de travail, une formation continue et une augmentation réelle du salaire – trois revendications centrales

Les travailleurs et travailleuses en Suisse ont besoin d’un travail avec des perspectives d’avenir. Cela signifie qu’il faut protéger leur santé, maintenir leur motivation et que le travail offre suffisamment de sécurité. Sur certains points de base, les résultats représentatifs du « Baromètre Conditions de travail », montrent que ce n’est pas le cas. Pour cette raison, Travail.Suisse pose les trois revendications suivantes :

1. Les travailleurs doivent conserver leur compétence sur le choix de leur temps libre
Les chiffres montrent que les limites entre le travail et le temps libre disparaissent, respectivement que les employeurs décident toujours plus du temps libre de leurs employés. En parallèle, on assiste au Parlement à une attaque contre la loi sur le travail et le compromis sur la saisie du temps de travail. Pour Travail.Suisse, il est évident que les attaques contre la loi sur le travail et la saisie du temps de travail doivent être combattues par tous les moyens. Une flexibilisation doit obligatoirement profiter aussi aux travailleurs.

2. Sans formation continue pas de travailleurs et travailleuses qualifiés
Dans l’entreprise, malheureusement, la formation continue reste toujours réduite à une peau de chagrin. Pourtant, elle est essentielle, en particulier, dans la perspective du maintien de l’employabilité, justement pour les travailleurs âgés. La loi fédérale sur la formation continue entrera en vigueur le 1er janvier 2017. Elle exige que les entreprises « favorisent » la formation continue. Les collaborateurs doivent bénéficier d’un soutien dans la planification et la mise en oeuvre de la stratégie de leur formation continue. A ce propos, Travail.Suisse demande également au Conseil fédéral que le crédit exceptionnel pour la formation continue, qui est actuellement examiné, soit enfin accordé l’année prochaine.

3. Une augmentation réelle des salaires est nécessaire et se fait attendre depuis trop longtemps
Le baromètre « Conditions de travail » montre aussi que les travailleurs ont le sentiment que leur salaire n’est plus adapté à la charge de la performance demandée. En effet, le développement du salaire réel au cours des dernières années a été inférieur à la moyenne. D’un autre côté, les bénéfices des entreprises sont de moins en moins imposés (par ex. aussi RIE III). Le Brexit et diverses élections ont montré que de plus en plus de travailleurs ont la conviction que la libéralisation du marché ne profite qu’à quelques grandes entreprises et à leurs actionnaires. Il est donc temps d’inverser la tendance avec des augmentations réelles des salaires avant que les travailleurs ne fassent connaître leur désaccord par les urnes.

Autres informations:
• Adrian Wüthrich, Président de Travail.Suisse, 079 287 04 93
• Gabriel Fischer, Responsable de la politique économique Travail.Suisse, 076 412 30 53

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2016 11 21 Barometer-Gute-Arbeit Analysetext G-Fischer f.pdf 816 KB

2016 11 21 Barometer-Gute-Arbeit Forderungen A-Wuethrich f.pdf 107 KB

2016 11 21 Studie Barometer-Gute-Arbeit Zusammenfassung f.pdf 958 KB

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21 novembre 2016, Gabriel Fischer, Responsable politique économique Drucker-icon

«Baromètre Conditions de travail» : les tout derniers résultats sont imminents

L’an dernier, Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs, a lancé son «Baromètre Conditions de travail ». Sur la base d’une enquête représentative, les travailleurs de Suisse y évaluent leurs conditions de travail. La seconde vague de sondages menée cette année permet d’observer les changements intervenus au fil du temps et d’évaluer les conditions de travail spécifique de chaque région ou de chaque branche. Les résultats seront présentés le 21 novembre lors d’une conférence de presse. suite

Dans notre société, le travail professionnel rémunéré revêt une importance essentielle. Il sert à assurer les besoins matériels de notre existence, mais cela va bien au-delà. Ne serait-ce que par le temps que nous lui consacrons, le travail occupe une partie importante de notre vie et il constitue un élément essentiel de notre développement personnel. Le travail a également une incidence sur d’autres aspects de notre vie et, partant, sa qualité – nos conditions de travail – influe considérablement sur notre qualité de vie. La qualité du travail est donc absolument centrale pour le bien-être des travailleurs. C’est l’aménagement des conditions de travail qui rend ce dernier plus ou moins satisfaisant aux yeux des travailleurs.

Une organisation du travail qui, notamment, protège la santé et offre un équilibre entre charge et décharge, fait partie des points clés d’un bon travail. Cela coïncide avec l’exigence – ergonomie du travail dans le domaine des sciences du travail – d’une organisation du travail qui ne cause aucun dommage ni aucun préjudice. De plus, avoir un bon travail signifie obtenir un revenu convenable et avoir une certaine sécurité de l’emploi. On doit également pouvoir reconnaître le sens de son propre travail et avoir une certaine marge de manœuvre, afin d’apporter ses propres compétences dans son travail. L’appréciation par le supérieur hiérarchique du travail fourni est tout aussi décisive qu’une relation avec l’employeur marquée dans son ensemble par la confiance. Afin d’éprouver de la satisfaction dans son travail en général et dans sa propre carrière en particulier, on doit avoir suffisamment de possibilités d’influence et être encouragé dans son développement professionnel. Son «Baromètre Conditions de travail » permet à Travail.Suisse d’offrir un instrument approprié pour évaluer les conditions de travail du point de vue des travailleurs. Par conséquent, cette évaluation par ces derniers doit être comprise comme une manière humaine de jauger leur travail, mesure qui se justifie au moins tout autant que des indicateurs relevant de l’économie de l’entreprise.

L’évaluation des conditions de travail est donc axée sur la question centrale de savoir si un bon travail est celui qui a un avenir. Un travail qui a de l’avenir doit ne pas nuire à la santé, maintenir la motivation et offrir une certaine sécurité aux travailleurs.

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Rétrospective de la première vague de sondages (2015)

En ce qui concerne l’aspect santé, les facteurs liés à la charge (pour la santé) affichent notamment des valeurs négatives. Ainsi, 40% des travailleurs se sentent souvent, voire très souvent, stressés par leur travail et près d’un tiers des travailleurs se sentent souvent, voire très souvent, épuisés émotionnellement après une journée de travail. Et le présentéisme – présence au travail en dépit d’une maladie – est largement répandu. 30% des actifs déclarent qu’ils travaillent souvent, voire très souvent, en étant malades et seuls 19% ne se présentent jamais à leur travail en cas de maladie. Dans le domaine des facteurs de décharge, il reste encore beaucoup à faire surtout en matière de promotion de la santé. Ainsi pour 14% des travailleurs, les employeurs ne prévoient aucune mesure de promotion de la santé et pour 29 autres pour cent, les mesures prises sont à peine suffisantes, voire totalement insuffisantes.

Quant à la dimension motivation, elle recueille fondamentalement les meilleures notes de la part des travailleurs. La motivation donne tout son sens à son propre travail auquel elle permet de s’identifier. Par contre, les possibilités de développement recueillent plutôt de mauvais points. Ainsi, près de la moitié des travailleurs – 46% – ne reçoivent de la part de leur employeur aucun encouragement pour leur formation ou leur formation continue, ou si peu. Il est frappant de noter que les employeurs encouragent différemment leurs travailleurs à suivre une formation ou une formation continue selon le niveau de formation de ces derniers. Plus ce niveau de formation est élevé, plus les employeurs encouragent leurs collaborateurs à suivre une formation ou une formation continue.

Au niveau de la sécurité de l’emploi, ce sont notamment les perspectives à moyen terme qui causent du souci aux travailleurs. Ce sentiment d’insécurité à moyen terme provient de la crainte largement répandue de voir la charge de travail augmenter dans un proche avenir, de l’impression de n’avoir guère d’influence sur les changements à apporter dans son propre poste et, en particulier, du souci qu’il serait difficile, si l’on perdait son emploi actuel, de retrouver un emploi comparable offrant un salaire similaire. Dans leur majorité, les travailleurs ressentent comme une réalité cette mobilité limitée sur le marché du travail. En outre, cette réalité augmente fortement en fonction de l’âge et touche deux tiers des travailleurs de 46 à 64 ans.

Perspective de la deuxième vague de sondages (2016)

La Haute Ecole spécialisée bernoise a collaboré à la deuxième série de sondages de cette année. De ce fait, et grâce aux données déjà recueillies au cours de deux étapes, il est possible d’évaluer de manière plus approfondie les sondages représentatifs menés auprès des travailleurs en Suisse. Alors que les sondages de l’an dernier ont permis de brosser un tableau de l’évaluation des conditions de travail, les premiers développements sur la durée se dessinent déjà cette année. Une forme de « monitoring » (surveillance) sur les changements à apporter dans la manière d’évaluer les différents aspects des conditions de travail est assurément judicieuse et rentable pour une économie en mutation et sous l’emprise de métamorphoses économiques et politiques imposées sur le marché du travail (p. ex. franc fort, numérisation croissante, détente au niveau de l’obligation de saisir les temps de travail, etc.). Parallèlement, la base de données élargie actuellement disponible permet déjà de souligner les différences selon divers critères. A cet égard, l’accent est mis cette année sur la présentation des différences spécifiques entre les régions et les branches. Et enfin, il a été possible d’entreprendre une évaluation du questionnaire et de l’étendre. Ainsi, les questions récemment intégrées concernant les pauses, les entretiens avec les collaborateurs, les possibilités de travailler à domicile et la saisie du temps de travail ouvrent de nouvelles perspectives intéressantes sur la réalité que vivent les travailleurs en Suisse.

Pour toutes informations complémentaires concernant le « Baromètre Conditions de travail » de l’année passée et l’annonce de la présentation des résultats de cette année, veuillez consulter le site ici.

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09 novembre 2016, Gabriel Fischer, Responsable politique économique Drucker-icon

En point de mire: la qualité des conditions de travail

Il y a quelques semaines, l’Office fédéral de la statistique a publié une brochure portant sur la qualité de l’emploi en Suisse. Pour ce faire, il a recouru à une panoplie de sources existantes de statistiques officielles afin d’évaluer – moyennant un éventail de critères – la qualité de l’emploi en Suisse et son évolution au cours de la dernière décennie. Comparées avec les résultats du « Baromètre Conditions de travail » de Travail.Suisse, certaines constatations essentielles se confirment. Les deux études font état d’un fort accroissement du stress et de la charge psychique, d’une augmentation de l’irrégularité des horaires de travail, ainsi que de craintes de perdre son emploi à la suite d’une perte de compétitivité sur le marché du travail ou d’une réduction de la mobilité professionnelle. suite

Dans son introduction, la brochure « La qualité de l’emploi en Suisse » – publiée par l’OFS – décrit les critères d’une manière suffisamment accessible pour permettre aux lectrices et aux lecteurs de se forger leur propre opinion sur la qualité de leur emploi. C’est là qu’intervient le «Baromètre Conditions de travail », lancé l’automne dernier par Travail.Suisse en collaboration avec la Haute Ecole spécialisée bernoise. Ce « Baromètre » brosse un tableau des conditions de travail en Suisse, établi sur la base d’une enquête représentative. Il est déterminant d’évoquer non seulement l’existence de certaines situations professionnelles, mais aussi la question de savoir si elles ont une incidence négative sur les travailleurs. L’évaluation est donc faite par les travailleurs eux-mêmes, à savoir les principales personnes concernées par les conditions dans lesquelles elles travaillent.

Les résultats de l’étude de l’OFS et ceux du « Baromètre Conditions de travail » permettent des comparaisons intéressantes.

Des risques psychosociaux évidents

En premier lieu, l’OFS constate avec satisfaction qu’aussi bien les maladies professionnelles que les accidents professionnels, mortels ou non mortels, ont considérablement diminué par rapport à 2004. Mais il existe parallèlement des risques évidents sur le plan psychosocial. Sont très fréquemment citées en particulier une forte pression du temps, une surcharge de travail et une lourde charge émotionnelle. Ce résultat confirme aussi ceux du «Baromètre Conditions de travail ». Ainsi, le stress et la charge psychique sont les valeurs les plus négatives de l’étude dans son ensemble. Elles traduisent le fait que 40 pour cent des travailleurs se sentent souvent ou très fréquemment stressés par leur travail et que près d’un tiers d’entre eux ressentent celui-ci comme une charge psychique. Le rapport entre la fréquence du stress et les effets négatifs qui en résultent est particulièrement frappant. Alors que les travailleurs confrontés souvent ou très souvent au stress ressentent également celui-ci comme une forte, voire très forte, charge négative, le stress représente aussi une charge nettement plus faible pour les travailleurs rarement stressés (voir graphique 1).

Graphique 1: Rapport entre la fréquence du stress et les effets négatifs de la charge
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Source: Travail.Suisse, “Baromètre Conditions de travail”

Les effets négatifs du stress sur la santé sont prouvés. L’étude sur le stress menée en 2010 par le
SECO non seulement fait état d’une forte augmentation du stress au cours des dernières années, mais estime également à 10 milliards de francs par an les coûts qu’il induit.

Le temps de travail est élevé et l’irrégularité des horaires de travail augmente

En comparaison européenne, la Suisse connaît des horaires de travail hebdomadaires plus longs que la moyenne. Dans une étude menée à l’échelle européenne 1 , le temps de travail hebdomadaire en Suisse a été en moyenne de 44.3 heures en 2010, alors que la moyenne européenne se situait à 42.5 heures et qu’il est encore légèrement inférieur dans les pays voisins directs de la Suisse. Le «Baromètre Conditions de travail » indique, lui aussi, que la pression du temps est élevée pour les travailleurs. Pour 90 pour cent d’entre eux, les heures supplémentaires sont monnaie courante. Plus de la moitié indique même qu’ils font souvent, voire très souvent des heures supplémentaires. Quant à la proportion de travailleurs qui accomplissent souvent ou très souvent de trop longues journées de travail (plus de 10 heures), elle est élevée, avec 27 pour cent. Dans son étude portant sur la qualité de l’emploi en Suisse, l’OFS présente un autre aspect de la charge temporelle: l’augmentation du temps nécessaire aux trajets. Alors qu’en 2000 seuls 17.8 pour cent des travailleurs avaient besoin de plus de 30 minutes pour se rendre à leur travail, ils étaient déjà 31.9 pour cent en 2013. Et de plus en plus de travailleurs parcourent des trajets très longs (plus d’une heure) pour aller travailler (voir graphique 2).

Graphique 2: Modification de la durée des trajets pour se rendre au travail 2000-2013
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Source: OFS, La qualité de l’emploi en Suisse, propre présentation

La possibilité de planifier leur travail et la régularité de leur engagement professionnel sont également essentielles pour les travailleurs, en plus des heures de travail qu’ils accomplissent effectivement et du temps nécessaire à leurs trajets. Sur le plan de la régularité, l’OFS indique pour 2014 par rapport à 2004 une augmentation du travail en soirée (de 16% à 17.1%), du travail de nuit (de 4.7% à 5%) et du travail dominical (de 9.7% à 10.6%). Seule une diminution (de 21.5% à 20.5%) est observée pour le travail du samedi. Même si ces horaires atypiques ne sont pas impérativement irréguliers, ils augmentent tout de même pour les travailleurs la difficulté de concilier vie professionnelle, vie privée et vie familiale, ou encore d’avoir une vie sociale. Il n’existe pas de données fiables en ce qui concerne la possibilité de planification. Alors que l’OFS enregistre certes un recul du travail sur appel (de 6.1% à 4.8%) entre 2004 et 2014, Travail.Suisse reçoit, dans son quotidien syndical, de plus en plus de plaintes de travailleurs confrontés à des problèmes de planification – alors que leurs rapports de travail sont réglementés. Des engagements à bref délai, des changements d’engagements prévus et des réductions ou des prolongations spontanées des horaires prévus, font de plus en plus partie du quotidien dans le domaine de la santé, dans le commerce de détail et dans les prestations de services privés.

Craintes pour l’emploi – Perte de compétitivité sur le marché du travail

Du point de vue des travailleurs, la garantie de l’emploi ou la mobilité sur le marché du travail sont également décisives pour la qualité de l’emploi. Dans sa brochure, l’OFS mentionne que la grande majorité des actifs considèrent leur emploi comme sûr. Compte tenu des données utilisées, datant de 2012, 40 pour cent des actifs occupés « ne craignaient «pas du tout» de perdre leur emploi et 46,4% ne craignaient «pas tellement» de le perdre. Près de la moitié des personnes interrogées estimaient que si elles perdaient leur emploi elles trouveraient très facilement ou assez facilement un emploi». Il convient de compléter ces affirmations de l’Office fédéral de la statistique par deux réflexions faites sur la base des résultats du «Baromètre Conditions de travail ». Premièrement, nos résultats montrent aussi que seule une minorité de 14 pour cent des travailleurs voient leur emploi directement menacé. Toutefois, on constate parallèlement que cette situation représente pour les personnes concernées une tension importante, voire très importante. Autrement dit, près d’un travailleur sur sept ressent une forte charge négative due à une situation professionnelle qu’il considère précaire. Deuxièmement, la moitié des travailleurs s’attendent de toute évidence à rencontrer des problèmes s’ils changent d’emploi. Cela corrobore les résultats du «Baromètre Conditions de travail » de Travail.Suisse. La mobilité sur le marché du travail diminue de manière particulièrement évidente lorsque l’on prend en considération l’âge et le niveau de formation. Ainsi, plus de 60 pour cent des personnes ayant terminé leur scolarité obligatoire et même deux tiers des 46 – 64 ans ne croient guère à la possibilité de retrouver un poste comparable pour un salaire comparable au cas où ils quitteraient leur emploi (voir graphique 3).

Graphique 3: Difficultés escomptées en cas de changement d’emploi, selon l’âge et le niveau de formation
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Source: Travail.Suisse, “Baromètre Conditions de travail”

«Baromètre Conditions de travail » de Travail.Suisse

Le «Baromètre Conditions de travail » de Travail.Suisse présente un tableau décrit des conditions de travail en Suisse. Un travail qui a de l’avenir doit préserver la santé, maintenir la motivation et offrir une certaine sécurité aux travailleurs. Cette évaluation étant faite par les travailleurs eux-mêmes, elle constitue une mesure humaine de l’appréciation du travail. Du fait qu’il est renouvelé à intervalles réguliers, le Baromètre est conçu de manière à pouvoir détecter les changements à apporter en Suisse dans le domaine des conditions de travail.
Voir www.http://www.travailsuisse.ch/themes/travail/barometre_conditions_de_travail
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1 Haute Ecole spécialisée de Suisse nord-occidentale. Cinquième enquête européenne sur les conditions de travail en 2010. Résultats choisis du point de vue de la Suisse.

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15 12 14 Qualität der Arbeit-f.doc 199 KB

14 décembre 2015, Gabriel Fischer, Responsable politique économique Drucker-icon

Baromètre Conditions de travail

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2015 09 09 Bericht Barometer v DEF.pdf 1528 KB

2015 09 11 Kurzfassung f.docx.pdf 299 KB

12 septembre 2015, Gabriel Fischer, Responsable politique économique Drucker-icon

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