Thèmes – Formation – LEHE

La nouvelle Loi fédérale sur l’encouragement des hautes écoles et la coordination dans le domaine suisse des hautes écoles

La nouvelle LEHE est un projet unique pour le paysage de la formation suisse. Toutes les hautes écoles – c’est-à-dire les universités, les écoles polytechniques, les hautes écoles spécialisées et pédagogiques – bénéficieront à partir de 2015 d’un système de coordination et de promotion centralisé. Cette restructuration marque l’environnement des hautes écoles : de nouvelles organisations se sont constituées, d’autres sont en mutation et la participation se renforce. Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses exprime aussi sa voix dans ce cadre.

Pour cette raison, nous vous envoyons périodiquement une Info-Mail et faisons ressortir pour vous les acteurs, les forces et les aspects encore en chantier de la nouvelle LEHE. Si vous voulez aussi recevoir cette Info-Mail, merci de le signaler ici :










Ici vous trouvez les textes des Info-Mail :

Formation professionnelle 2030 : interfaces avec le domaine des hautes écoles

Toute une série de mégatendances met au défi la formation. La formation professionnelle s’est fixée comme devoir d’affronter directement ces défis dans le cadre du processus de la stratégie 2030 de la formation professionnelle. Mais comme la formation professionnelle ne forme qu’une partie du système de formation, la question qui se pose est celle des interfaces avec d’autres domaines de la formation comme celui des hautes écoles. suite

Dans le cadre de son processus stratégique, la formation professionnelle a identifié toute une série de mégatendances concernant la formation professionnelle initiale, la formation professionnelle supérieure et la formation continue à des fins professionnelles qui influencera plus ou moins fortement son évolution future. 1 L’évolution à venir de ce processus requiert de trouver les réponses adéquates aux défis qui se posent 2 . D’éventuelles décisions toucheront aussi le domaine des hautes écoles. Ci-dessous, nous attirons l’attention sur trois interfaces et intersections.

1. On ne peut réaliser les réformes dans la formation professionnelle finalement que si la formation des enseignant-e-s – et aussi leur formation continue – est adaptée à temps et de façon créative aux éventuelles réformes. La formation des enseignant-e-s de tous les niveaux se déroule aujourd’hui dans le domaine des hautes écoles. Il semble dès lors logique que le domaine de la formation professionnelle et des hautes écoles échangent régulièrement sur le processus de la stratégie 2030 de la formation professionnelle et discutent des suites possibles pour la formation et la formation continue des enseignant-e-s.

2. Le processus de la stratégie 2030 de la formation professionnelle met en évidence le fait que la formation professionnelle doit se comprendre, au vu des mégatendances les plus diverses, beaucoup plus consciemment comme la formation professionnelle pour les jeunes mais aussi les adultes. L’apprentissage tout au long de la vie deviendra une constante marquante de la formation professionnelle. La question de l’apprentissage tout au long de la vie interpelle aussi le domaine des hautes écoles qui doit alors aussi trouver des réponses à la manière dont devraient se développer la formation et en particulier la formation continue des hautes écoles, au vu de la digitalisation et globalisation, de la migration et du changement démographique. Pour Travail.Suisse, il vaut la peine de pousser à un échange plus ciblé de la formation professionnelle et des hautes écoles sur les questions du futur système d’apprentissage tout au long de la vie en Suisse pour discuter des interfaces, des intersections réciproques et des possibilités de collaboration.

3. Dans le cadre du processus de la stratégie 2030 de la formation professionnelle, il est aussi question de débattre comment l’on peut engager de façon sensée les nouvelles formes d’enseignement et d’apprentissage que la digitalisation permet dans la formation professionnelle (formation professionnelle initiale, formation professionnelle supérieure, formation continue à des fins professionnelles). Les sciences de l’éducation, avec leurs connaissances, peuvent soutenir la formation professionnelle pour réponse à cette question si elles sont prêtes à s’impliquer à cette fin.

Travail.Suisse espère que le processus de la stratégie 2030 de la formation professionnelle conduira aussi à une collaboration plus consciente et plus étroite entre la formation des hautes écoles et la formation professionnelle.
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_ 1 Font partie des mégatendances identifiées la globalisation, la digitalisation, la société des services, le « Upskilling », le changement démographique, la migration, le conflit de générations, la limitation des ressources de l’Etat, la mobilité croissante et la flexibilité dans les relations de travail.
2 https://www.sbfi.admin.ch/sbfi/fr/home/themes/formation-professionnelle/berufsbildungsstrategie-2030.html_

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1 HFKG Megatrends-und-ihr-Einfluss-auf-die-Bildung f.docx 45 KB

05 avril 2017, Bruno Weber-Gobet, Responsable politique de formation Drucker-icon

«Trouver l’équilibre entre les cantons universitaires et les autres est source de débats»

La nouvelle organisation de l’enseignement supérieur est une vraie réussite, confirme l’ancien secrétaire général de la CDIP. Une première étape a été franchie avec la création de nouvelles places d’études pour les futurs médecins. Le secrétaire sortant trouve que la contribution de Travail.Suisse et d’autres organisations issues du monde du travail est très précieuse. Selon lui, une chose est sûre : les débats au sein de la CDIP seront animés. suite

Depuis le début des années 2000, Hans Ambühl a occupé le poste de secrétaire général de la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’instruction publique (CDIP). Dans le cadre de cette fonction, il a contribué de manière décisive à l’élaboration de la loi sur l’encouragement et la coordination des hautes écoles. Début avril, il a pris sa retraite à l’âge de 63 ans et passé le flambeau à Susanne Hardmeier, sa suppléante. Travail.Suisse s’est entretenu avec le juriste à propos de son expérience au sein des nouveaux comités de l’enseignement supérieur.

Depuis deux ans, les cantons collaborent plus étroitement dans le domaine des hautes écoles. Comment cela se passe-t-il ?
Hans Ambühl: Très bien. A présent, les 26 directeurs de l’instruction publique discutent des sujets qu’il s’agit de coordonner à l’assemblée plénière de la Conférence des hautes écoles, sous la houlette du conseiller fédéral responsable et en collaboration avec d’autres participants. Cette nouvelle organisation a renforcé l’enseignement supérieur, ce qui est particulièrement important pour montrer un front uni envers le public, les administrations, les politiciens, l’économie et les pays étrangers.

Outre les dix cantons universitaires, seuls quatre autres cantons peuvent siéger au Conseil des hautes écoles. Comment les plus petits cantons font-ils pour trouver un accord entre eux ?
Grâce au principe de rotation, chaque canton pourra tôt ou tard intégrer le Conseil. Toutefois, l’équilibre entre les grands fournisseurs de prestations et les autres cantons est le défi le plus important à relever en ce qui concerne la coordination de l’enseignement supérieur. La plus grande partie des coûts étant à la charge des sites universitaires, il était difficile pour eux d’accepter qu’à présent d’autres cantons aient également leur mot à dire. Pour les plus petits cantons, il est primordial que leur population puisse accéder de manière équitable aux écoles supérieures universitaires. Ces cantons perçoivent cependant peu les avantages économiques et sociaux liés à l’emplacement.

Quelles sont les réussites des nouveaux comités de ce deux dernières années ?
L’unique thème à grande portée jusqu’à présent a été la décision de créer de nouvelles places d’études pour les futurs médecins. Il s’agit d’une étape importante : l’intention de coordonner les secteurs coûteux est maintenant mise en œuvre. L’idée n’est pas de fonder de nouvelles facultés partout, mais de faire coopérer les nouveaux prestataires avec les prestataires existants.

Certains détracteurs pensent que le programme d’impulsion n’est pas à même de pallier la pénurie de médecins de famille. Par exemple, avec les 100 places d’études à orientation scientifique de l’EPFZ. Est-ce qu’il n’aurait pas fallu coordonner encore davantage en ce qui concerne le type de formation ?
Les nouveaux diplômés de l’EPFZ seront surtout actifs dans la recherche. Il en revient à la politique de la santé de faire en sorte que les jeunes médecins choisissent les filières où ils sont le plus demandés. Le domaine de la formation a rempli son rôle pour l’instant.

Comment avez-vous perçu la collaboration avec les autres membres de la commission, tels que les étudiants, les professeurs des hautes écoles, les employeurs et les employés ?
Les expériences qu’apportent ces acteurs sont précieux. Mais certains d’entre eux n’ont pas encore très bien cerné leur rôle. Il serait par exemple important de faire part de requêtes spécifiques à temps, au lieu de formuler des critiques par la suite. C’est notamment ce que j’ai déploré dans le cas du programme d’impulsion pour les médecins : l’association des étudiants en médecine a fait remarquer qu’il faudrait également investir dans l’équipement des facultés. Un point valable, mais qui n’a pas été mentionné à temps.

Et quel est votre avis sur Travail.Suisse ?
J’apprécie l’engagement de Travail.Suisse. L’organisation porte son attention aussi sur les domaines adjacents, tels que la formation professionnelle supérieure et les écoles supérieures. Il est en effet primordial de les inclure. Par ailleurs, Travail.Suisse s’engage pour le développement des hautes écoles spécialisées, ce qui est aussi une préoccupation légitime.

Quels thèmes de la CDIP sont prioritaires selon vous ?
Les préoccupations des hautes écoles pédagogiques nous tiennent particulièrement à cœur. En effet, un personnel enseignant bien formé au niveau de l’école primaire constitue la base pour tous les autres domaines de formation. Que les hautes écoles pédagogiques fassent également partie de l’enseignement supérieur est une chance pour elles. Elles peuvent ainsi bénéficier, par exemple, de contributions liées à des projets et peuvent se développer en conséquence.

Quels seront les prochains points à l’ordre du jour pour les directeurs de l’instruction publique ?
Leur prochain objectif est de remanier l’Accord intercantonal universitaire (AIU), qui règle le financement entre les cantons et permet le libre passage pour les étudiants. La compensation de la fuite des cerveaux n’est notamment plus actuelle : aujourd’hui, six cantons obtiennent une sorte de rabais, car de nombreux étudiants ne retournent plus dans leur canton d’origine. Cette réglementation est obsolète. La nouvelle péréquation financière (RPT) a également changé la donne. La discussion autour de la négociation d’un nouvel accord sera sans doute animée.

Quels sont vos futurs projets après votre départ de cette fonction ?
Je continuerai à m’engager pour le domaine de la formation, notamment en tant que président de la Commission suisse de maturitée et des écoles suisses à l’étranger. J’aurai bientôt plus de temps à consacrer à ce mandat et à d’autres, tout en étant aussi plus indépendant.

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05 avril 2017, Andrea Söldi, libre journaliste RP Drucker-icon

100 millions de francs ne résolvent qu’une petite partie du problème

Dans le cadre du message FRI 2017-2020, il a été décidé de démarrer un programme spécial pour la médecine humaine. 100 millions de francs devrait faire augmenter le nombre d’étudiant-e-s diplômé-e-s de 860 en 2014 à 1350 en 2025. On est particulièrement intéressé dans ce cadre à ce que davantage de médecins choisissent la médecine de premier recours. Mais on y parviendra que si les différents acteurs dans ce domaine gardent constamment en ligne de mire ce but et prennent des décisions allant dans cette direction. suite

Il y a maintenant des moyens financiers pour augmenter le nombre de places dans la médecine de premier recours. Mais le financement seul ne suffit pas. D’importantes décisions en aval des acteurs les plus divers sont nécessaires.

• Dans les hautes écoles, il faut aménager la formation de manière à ce que plus d’étudiant-e-s en médecine s’orientent vers la médecine de premier recours: selon des études, deux critères ont fait leurs preuves à cet égard : les programmes longitudinaux et des expériences cliniques précoces 1 .

• Le financement de la formation postgrade médicinale suivant les études requiert des réglementations intercantonales. Depuis décembre 2014, une procédure d’adhésion est en cours concernant la „Convention sur le financement de la formation postgrade 2 “. Cette convention entre en vigueur si au moins 18 cantons y adhèrent. Actuellement 11 cantons ont signé la convention 3 . Il manque donc encore au moins sept cantons pour que cette convention intercantonale puisse entrer en vigueur.

• Concernant la formation postgrade des médecins de famille, il existe un programme d’assistanat au cabinet soutenu par les cantons et la Fondation pour la promotion de la formation en médecine de famille FMF. Les programmes d’assistanat au cabinet permettent aux médecins assistants de la discipline médecine interne générale d’effectuer une formation postgrade axée sur la pratique chez des médecins de famille expérimentés 4 . Selon le rapport annuel de la FMF, le financement des programmes cantonaux devrait être assuré à moyen terme mais pas à long terme 5 . Voilà un message de mauvais augure du fait que le programme d’assistanat au cabinet devrait justement être fortement développé pour augmenter le nombre de médecins de famille.
• Si l’on veut augmenter le nombre de médecins de famille, il ne s’agit pas seulement de conserver les places de formation postgrade actuelles mais il faut les étendre à large échelle. Pour y parvenir, il faut, hormis le financement, que davantage de médecins de famille soient prêts à se former comme maître de stage et à offrir des places de formation postgrade dans leur cabinet. Il faut alors se poser la question s’il existe à cet égard un potentiel en médecins de famille ? Si oui, quel est son ordre de grandeur ? Et quelles sont les mesures à prendre qui pourraient éventuellement augmenter ce potentiel ?

• S’il devait y avoir plus de médecins de famille, l’attractivité de la profession „médecin de famille“ devrait s’en trouver améliorée. Pour ce faire, il faut la volonté d’y parvenir de toute la branche médicale, y compris les médecins spécialistes et les caisses maladie, et la politique.

Si tous ces défis sont pris au sérieux, on constatera alors que les 100 millions de francs pris dans le pot de la formation ne sont qu’un petit pas vers le but long et difficile de pérenniser et fortifier les médecins de famille.


1 http://www.travailsuisse.ch/system/uploadedfiles/3810/original/2016_06_27_HFKG_Hausaerzte-gewinnen_f.docx
2 Convention sur la contribution des cantons aux hôpitaux relative au financement de la formation médicale postgrade et sur la compensation intercantonale des charges (Convention sur le financement de la formation postgrade CFFP) http://www.gdk-cds.ch/fileadmin/docs/public/gdk/themen/gesundheitsberufe/medizinalberufe/aerztliche_weiterbildung/ikv_wfv_plenar_beitrv_20141120_f.pdf
3 http://www.gdk-cds.ch/fileadmin/docs/public/gdk/themen/gesundheitsberufe/medizinalberufe/aerztliche_weiterbildung/tb_wfv_ratifkanton_20161231_d-f.pdf
4 http://www.gdk-cds.ch/index.php?id=1130&L=1
5 La Fondation pour la Promotion de la Formation en Médecine de Famille (FMF) : Rapport annuel 2015, p. 1: „Die Finanzierung der kantonalen Programme dürfte zwar mittel-, nicht aber langfristig gesichert sein. Für die Politik ist die Praxisassistenz nach wie vor „nur“ ein Instrument zur Förderung der Hausarztmedizin und nicht primär ein verbindlicher und akkreditierter Weiterbildungsgang der Fachrichtung Allgemeine Innere Medizin bzw. Kinder- und Jugendmedizin. Es ist notwendig, dass alle Kantone, vor allem aber die Kantone Bern und Zürich die Praxisassistenzstellen nicht verringern und wenn immer möglich, diese ausbauen. Die Praxisassistenz muss langfristig gesichert sein, wie dies auch bei den stationären Weiterbildungsstellen der Fall ist.“

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3 HFKG Hausaerzte f.docx 47 KB

05 avril 2017, Bruno Weber-Gobet, Responsable politique de formation Drucker-icon

Hôpitaux universitaires et hautes écoles critiquent le programme d’impulsion visant à former davantage de médecins

Plus de spécialistes au lieu d’enfin suffisamment de médecins généralistes, telle est la crainte de Médecine Universitaire Suisse. L’association plaide pour une plus grande prise en main du milieu politique. suite

La somme de 100 millions de francs suisses pour former davantage de médecins a déjà été approuvée et répartie entre les hautes écoles qui désirent créer de nouvelles places d’études. Reste à savoir si la mesure est adaptée pour combattre la pénurie de médecins de famille et de pédiatres. L’association Médecine Universitaire Suisse* en doute fortement. «Ce n’est souvent qu’après les études que l’on décide de sa spécialisation», relève Henri Bounameaux. C’est pourquoi, d’après le vice-président de l’association, il faudrait agir au moins tout autant au niveau de la formation continue.

Médecine Universitaire Suisse salue l’objectif d’augmenter le nombre annuel de diplômes en médecine pour atteindre la barre de 1300 contre environ 1100 actuellement. Cependant, pas tous les programmes ne conviennent pour motiver les futurs médecins à choisir la voie généraliste, critique Henri Bounameaux. Le doyen de la faculté de médecine de Genève ne juge en particulier pas judicieux la démarche de l’EPFZ, qui proposera à partir de cet automne un bachelor scientifico-technique en médecine. Selon lui, il s’agit de gaspillage des fonds publics. En effet, grâce à la passerelle qui permet aux titulaires d’un bachelor de l’EPFL d’intégrer les universités de Genève et de Lausanne, on pourrait déjà former suffisamment de spécialistes scientifiques. Henri Bounameaux souligne qu’il est primordial que les nouveaux prestataires de formations en médecine travaillent en étroite collaboration avec les facultés existantes, car ce n’est qu’ainsi que l’on pourra éviter une concurrence insensée et continuer à garantir une formation de qualité.

Incitations malencontreuses

L’angiologue formule également quelques critiques à l’encontre des membres de l’association: les hôpitaux universitaires proposent trop de postes de médecins-assistants pour futurs spécialistes, pour une durée de plusieurs années. Nombre de ces spécialistes ouvriront par la suite leur propre cabinet, ce qui mènera à un manque de personnel indigène dans les hôpitaux. En revanche, les places limitées à une année et adaptées aux futurs généralistes ne font pas légion. Un groupe de travail interne se penche à présent sur ce problème. Les médecins de famille apprennent souvent les ficelles du métier dans les domaines de la médecine interne, de la dermatologie, de la rhumatologie et de l’oto-rhino-laryngologie. Henri Bounameaux est d’avis qu’il faudrait de plus qu’ils élargissent leurs connaissances au sein d’un cabinet de médecin de famille. Selon lui, trop peu de médecins généralistes sont prêts à former les médecins de demain, même s’ils pourraient ainsi résoudre leur problème de succession. Les places de stage chez les médecins de famille pour l’année d’études à option pèsent également sur le budget des facultés. «Le canton devrait payer les médecins de famille pour former la relève», exige Henri Bounameaux. En effet, alors que les médecins-assistants sont déjà suffisamment qualifiés pour obtenir un salaire, la situation est différente pour les sous-assistants.
Les programmes de médecins de famille proposés à présent par toutes les facultés de médecine sont un point positif, relève Médecine Universitaire Suisse dans sa prise de position. Mais en raison du manque de fonds, pas tous les intéressés ne peuvent être retenus.

Argent et exigence

Outre des moyens financiers, le vice-président de l’association souhaite plus de volonté d’action de la part du milieu politique. Premièrement, le règlement tarifaire devrait enfin être adapté en faveur des médecins de famille, et ce, malgré l’opposition des spécialistes, qui touchent un salaire plus important. Deuxièmement, il faudrait inciter ll’ouverture de cabinets de médecins dans des régions rurales, par exemple sur l’initiative des communes. Troisièmement, on pourrait même envisager une obligation pour les médecins à travailler pendant un certain temps dans un cabinet de médecins de famille une fois les études terminées. «Les études de médecine sont gratuites. Il serait donc normal que les futurs médecins donnent quelque chose en retour à la société.» Bien entendu, il sait que dans un pays où la liberté règne cette exigence est difficile à réaliser.

  • L’association Médecine Universitaire Suisse (unimedsuisse) a été fondée en 2015. Les cinq hôpitaux universitaires cantonaux ainsi que les facultés de médecine correspondantes (Bâle, Berne, Genève, Lausanne, Zurich) se sont regroupés pour défendre leurs intérêts communs.

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05 avril 2017, Andrea Söldi, libre journaliste RP Drucker-icon

Profession enseignante reconnue grâce à un nouveau positionnement

Jusque fin 2014, la formation du corps enseignant incombait exclusivement aux cantons. Depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur l’encouragement et la coordination des hautes écoles (LEHE) au début de cette année, les hautes écoles pédagogiques font partie du paysage suisse des hautes écoles. Travail.Suisse a discuté avec Hans-Rudolf Schärer de ce que cela signifie pour les HEP. suite

Depuis bientôt deux ans, les hautes écoles pédagogiques sont situées sur le même niveau que les hautes écoles universitaires et les hautes écoles spécialisées. Quelle est l’importance de ce nouveau positionnement pour votre domaine de formation ?
Hans-Rudolf Schärer : les exigences et l’importance de la profession enseignante pour la société même au degré primaire sont mieux reconnues. Dans les milieux UDC, on entendait dire à l’occasion que les enseignant-e-s n’avaient aucun besoin d’étudier et qu’un apprentissage suffisait. Aujourd’hui, de telles idées sont balayées.

Vous voulez dire qu’il s’agit avant tout d’une question d’estime pour les HEP ?
Il en résulte aussi des avantages tout à fait concrets. Par exemple, nous collaborons maintenant dans diverses délégations thématiques de Swissuniversities et représentons les intérêts de l’école et de la formation du corps enseignant. Dans le domaine de la recherche, cela se traduit par le développement de l’Open Access : lorsque des publications scientifiques seront gratuitement accessibles sur internet, nos professeur-e-s et nos étudiant-e-s pourront en faire usage facilement et gratuitement. Notre nouvelle situation simplifie en outre la recherche en commun avec d’autres types de hautes écoles. Et les accréditations obligatoires augmenteront la qualité.

Avant l’entrée en vigueur de la LEHE, les hautes écoles spécialisées et les HEP craignaient de ne pas être estimées à leur juste valeur par les universités. Comment vivez-vous aujourd’hui la collaboration au sein de la Conférence des recteurs ?
La discussion est constructive et tout le monde respecte le principe bien connu : les trois types de haute école sont différents mais égaux. Vis-à-vis de l’extérieur, l’organisation tout entière parle d’une seule voix, ce qui nous donne du poids dans le discours social et dans le monde politique. Par exemple, toutes les hautes écoles s’engagent ensemble dans le cadre de Swissuniversities afin de continuer de participer au programme de recherche européen Horizon 2020.

Quelle est l’importance du point de vue des HEP de la perméabilité entre les types de haute école et des possibilités de promotion ?
Nous avons de grands besoins avant tout dans notre noyau de compétence, en méthodologie didactique, et nous devons former nous-mêmes notre propre succession pour la recherche et l’enseignement. Avec d’autres hautes écoles nous sommes en train d’élaborer des programmes de doctorats. Le suivi des doctorant-e-s se fera essentielle-ment au sein des HEP mais les titres ne peuvent être délivrés que par les universités.

L’intégration des HEP dans le paysage suisse des hautes écoles ne durcit-elle pas la concurrence avec d’autres types de hautes écoles, par exemple pour obtenir des fonds de formation qui ont tendance à se réduire comme peau de chagrin ?
Nous sommes moins concernés car notre financement émane en majeure partie des cantons. Mais nous pouvons déjà profiter des subsides fédéraux via les contributions liées aux projets avec notre grande initiative portant sur la méthodologie didactique.

De quoi s’agit-il ?
Nous avons planifié de nombreuses filières de master dans les domaines de la méthodologie didactique dont l’essentiel en matière de responsabilité incombe aux HEP. Par exemple, en collaboration avec d’autres HEP et universités, nous offrirons bientôt chez nous, à Lucerne, une filière de master en didactique de l’histoire. Dans quelques cantons comme Berne et Lucerne, le corps enseignant au niveau gymnasial acquiert déjà son savoir didactique à la HEP. Or nous voulons mettre notre noyau de compétence, qui consiste à rendre l’individu capable de transmettre des savoirs, davantage à disposition de la société dans ses autres domaines d’activités. Le cadre moyen en entreprise a aussi besoin de compétences didactiques. Je vois encore beaucoup de potentiel dans ce domaine.

* Hans-Rudolf Schärer est recteur de la haute école pédagogique de lucerne, président de la Chambre des hautes écoles pédagogiques de Swissuniversities (l’association des recteurs des hautes écoles) et un des vices-présidents de Swissuniversities.

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09 novembre 2016, Andrea Söldi, libre journaliste RP Drucker-icon

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