Thèmes – Autres points forts – Migration et intégration

À l’aune d’un marché du travail mouvant, comment optimiser la formation des jeunes migrants ?

La mise en œuvre des objectifs définis dans le cadre de la formation post-obligatoire des jeunes migrants et de leur intégration sur le marché du travail nécessite une augmentation des ressources financières. Actuellement, une motion au Parlement veut inciter les jeunes migrants à achever une formation du degré secondaire II. Sachant que l’intégration dépend aussi du contexte familial et social, Travail.Suisse, l’organisation faitière indépendante des travailleurs et travailleuses, propose une grille de lecture des défis actuels incluant l’évolution du marché du travail numérique et les répercussions des changements législatifs actuels sur l’intégration. suite

La mise en œuvre et le financement des mesures de formation pour les adolescents et les jeunes adultes arrivés tardivement en Suisse répondent à un besoin actuel. La proportion du nombre de jeunes migrants sur l’ensemble de la population migrante tend vers une augmentation. Par ailleurs, un investissement dans la formation des jeunes migrants arrivés en Suisse par le biais du regroupement familial ou par celui de l’asile devrait aussi faciliter leur intégration sur le marché du travail. Dans ce contexte, une motion a été déposée en novembre 2016 auprès du Parlement fédéral pour inciter les jeunes migrants arrivés tardivement en Suisse à achever une formation du degré secondaire II. Cette motion déposée par la Commission de la science, de l’éducation et de la culture a été débattue pour la première fois au sein du Conseil national le 7 mars 2017 pour être approuvée par 108 voix contre 70. Elle propose principalement d’augmenter les prestations en matière d’intégration et de financer des prestations d’intégration supplémentaires au moyen du budget du Secrétariat d’Etat aux migrations. Travail.Suisse soutient cette motion qui devrait assurer un apport financier mieux adapté à la situation des jeunes et jeunes adultes dont la situation légale et personnelle offre des perspectives de rester à long terme en Suisse. Plus tôt la prise en charge sera effectuée dans le parcours éducatif et professionnel d’une personne, meilleures en seront les perspectives sur le marché du travail.

L’atteinte des objectifs dépend du financement, mais aussi d’autres mesures

En 2016, la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’instruction publique (CDIP) a fait une déclaration en accord avec le Secrétariat d’Etat à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI) et le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) sur les principes d’une intégration durable dans le marché du travail et dans la société des adolescents et jeunes adultes arrivés tardivement en Suisse. L’objectif stratégique étant celui de permettre que 95% de tous les jeunes de 25 ans en Suisse possèdent un diplôme du secondaire II, la CDIP, le SEFRI et le SEM ont considéré important d’inclure aussi les jeunes migrants. Ces jeunes sont pris en compte, pour autant qu’ils aient légalement et personnellement la perspective de résider à long terme en Suisse et qu’ils possèdent le potentiel et la motivation pour obtenir un diplôme. À ce titre, deux règles font office de référence : « une formation avant un travail » et « un travail avant l’aide sociale ». Or, selon Travail.Suisse, une question primordiale se pose en amont : Comment favoriser au mieux la motivation et mettre en valeur les capacités de chacun ? Car s’il est aisé d’admettre que la qualité de la formation en Suisse est un atout majeur, il convient aussi de prendre en considération le contexte social et familial des jeunes et jeunes adultes migrants. Dans ce contexte, la situation légale et sociale des parents joue un rôle important. La précarité et l’instabilité des parents peuvent avoir une influence négative sur le processus scolaire et les capacités de l’enfant. Les notions de « vouloir » et « pouvoir » sont donc des éléments à relativiser et à distancer de l’unique responsabilité des jeunes en formation.

Pour renforcer la volonté et la capacité des jeunes migrants dans leur parcours de formation, il est indispensable d’envisager également de l’aide et de l’accompagnement dirigés à l’attention des parents. Ces mesures constituent certes un coût pour leur mise en œuvre, mais répondent également à un besoin actuel. Parmi la population des jeunes migrants certains sont issus du regroupement familial et d’autres du domaine de l’asile. Certains jeunes sont également des mineurs non-accompagnés. Dans le domaine de l’asile, la situation des permis F et des réfugiés reconnus est souvent précaire, notamment à cause de leur statut légal. Il est donc urgent de prendre des mesures politiques pour améliorer les conditions de ces statuts. Avec l’adoption de la nouvelle loi fédérale sur les étrangers et l’intégration (LEI), des améliorations ont été apportées pour faciliter l’accès au marché du travail des personnes avec un permis F et des personnes réfugiées. Or, ces améliorations occultent les durcissements pris à l’encontre des personnes au bénéfice d’une autorisation de séjour (permis B) et de celles au bénéfice d’une autorisation d’établissement (permis C). La pratique des autorités dans l’examen des cas concrets devrait donc prendre en considération les efforts déployés dans le cadre de la formation des jeunes migrants pour ne pas prétériter, dans les sanctions prises à l’égard des parents, leur processus scolaire. L’insécurité légale et les pressions administratives infligées aux parents auront aussi des répercussions négatives sur l’ensemble de la famille et influenceront la volonté et les capacités des jeunes dans leur processus scolaire. Des mesures sont donc nécessaires pour aider et accompagner les parents dans leur apprentissage d’une langue nationale, leur compréhension du système scolaire suisse et pour également les inciter à soutenir leurs enfants dans la réussite de leur formation.

Une concurrence plus accrue sur le marché du travail

Après la formation, vient logiquement l’accès au marché du travail. Dans les perspectives à venir, la numérisation du marché du travail est une réalité qui se profile à grande vitesse et qui touche toute la population indépendamment de son origine. Il n’en demeure pas moins que la situation particulière des migrants peut renforcer ou diminuer certains effets que la numérisation est amenée à produire sur la concurrence existante dans le monde du travail. Des études prédisent la suppression de plusieurs emplois – il est essentiellement question des emplois dont les tâches sont répétitives – qui seront en partie substitués par les outils des nouvelles technologies. La disparition de certains métiers en créera de nouveaux, mais avec une tendance vers davantage de pertes d’emplois. Dans cette perspective, Travail.Suisse souligne l’importance de garantir et de maintenir des conditions de vie respectable pour tous. Pour reprendre les deux principes déjà énoncés que sont « une formation avant un travail » et « un travail avant l’aide sociale », un troisième principe énoncé sous forme de question devrait aussi avoir son importance : « quelle formation pour quel travail et à quelles conditions ?».

Travail.Suisse préconise à cet effet de diminuer la concurrence qui existe entre les différents statuts de migrants pour éviter davantage de dumping salarial et garantir des salaires décents. À cet égard, il est nécessaire au niveau politique de combattre les durcissements légaux qui ont un impact sur la stabilité du séjour des personnes migrantes et de prendre en considération la situation de l’ensemble de la famille dans les prises de décisions des autorités qui appliquent les lois en vigueur. Par ailleurs, la formation des jeunes doit aussi prendre en compte les nouveaux défis qui s’imposent sur le marché du travail. Permettre aux jeunes migrants d’exercer un travail conforme à leurs qualifications impliquera également une collaboration des employeurs et leur implication dans l’encouragement à l’intégration. Pour terminer, la valorisation des atouts de la migration dans le cursus scolaire et sur le marché du travail profitera à tous et apportera la stimulation nécessaire pour renforcer davantage le système de formation pour les jeunes migrants et suisses.

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13 mars 2017, Hélène Agbémégnah, Responsable politique de migration et questions juridiques Drucker-icon

Réunir la force des destins communs
pour construire la Suisse de demain

À l’heure des slogans et des affiches, une image polémique a réussi à s’infiltrer au cœur de la campagne sur la naturalisation facilitée de la 3ème génération pour égratigner le bon sens commun des électeurs et électrices. L’urgence de reposer une question essentielle est devenue évidente : mais quel visage ont véritablement les jeunes de la 3ème génération ? C’est pour tenter d’y répondre que Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, a réalisé en collaboration avec d’autres organisations une vidéo regroupant deux témoignages de personnes concernées par la votation du 12 février prochain. On y découvre aussi des destins de vie qui composent l’identité de la Suisse actuelle et de celle de demain. suite

Le 12 février prochain, nous voterons sur la possibilité donnée aux jeunes étrangers et étrangères de la 3ème génération de suivre une procédure de naturalisation plus simple que celle prévue pour la génération des parents et grands-parents. Pour saisir le véritable enjeu de cette votation, il est donc primordial de comprendre quelles sont les personnes concernées, leurs liens avec la Suisse et les avantages qui profiteraient à l’ensemble de la société si le « OUI » sortait des urnes. Pour rappel, la naturalisation facilitée concerne des jeunes nés en Suisse, dont les parents et grands-parents ont aussi vécu en Suisse. La naturalisation ne sera pas automatique et ne pourra être demandée que jusqu’à l’âge de 25 ans. Ces jeunes devront, ainsi qu’un de leurs parents, posséder un permis C et avoir suivi 5 ans de scolarité obligatoire en Suisse. Les conditions sont strictes et limitent par conséquent le nombre de personnes concernées. Tout le monde ne pourra pas accéder à une telle demande et les critères imposés auront pour conséquence de ne viser que des personnes déjà intégrées. D’après une récente étude réalisée par l’Université de Genève, les principaux groupes de nationalités concernées touchent d’abord les jeunes Italiens, les personnes originaires des Balkans, les Turcs, les Espagnols et les Portugais. Pour donner une image et des exemples de jeunes remplissant les critères de la naturalisation facilitée, Travail.Suisse a produit une vidéo (uniquement disponible en version allemande) en collaboration avec le syndicat Syna, Jeunesse.Suisse, le Conseil Suisse des Activités de Jeunesse (CSAJ) et Albinfo.ch :https://youtu.be/SJ5IvjyX9sI. Deux jeunes de la 3ème génération y racontent leur lien avec la Suisse et leur motivation à demander la naturalisation. D’autres interventions expliquent également les raisons qui justifient de voter « OUI » le 12 février prochain.

« En Italie, je suis une étrangère […] Mais je me sens Suissesse »

Les jeunes de la 3ème génération viennent de Suisse et n’ont pas migré. Leur histoire et leur destin ne sont pas identiques à ceux des générations précédentes qui, en tant que parents et/ou grands-parents, ont quitté leur pays pour en rejoindre un autre. Ces jeunes partagent le même destin que des jeunes Suisses ou des Suissesses né-e-s en Suisse. Comme l’explique Vanessa dans la vidéo, elle se sent Suissesse même si sa nationalité est italienne : « quand je vais voir ma famille en Italie, je suis une étrangère et quand je suis en Suisse, je suis automatiquement considérée comme une étrangère par mes ami-e-s. Mais je me sens Suissesse ». Denise renchérit en déclarant : « malgré mes origines italiennes et espagnoles, je me sens en Suisse comme chez moi ». À l’image de ces témoignages, les enfants et petits-enfants d’immigrés qui s’expriment parfaitement dans une langue nationale, sont nés en Suisse et viennent de Suisse. Ce sont leurs parents ou grands-parents qui ont migré et viennent d’ailleurs. Eux, ils sont bel et bien Suisse-sse-s. Dans ce contexte, l’intégration de la 3ème génération n’est plus à prouver : il faut la reconnaître ! Il est donc justifié que les jeunes n’aient plus à prouver leur intégration dans le cadre de la procédure de naturalisation et que cette procédure soit allégée par rapport à celle prévue pour leurs parents et grands-parents. Une réflexion d’un citoyen Suisse qui apparaît aussi dans la vidéo corrobore cette idée : « je pense que si l’on est issu de trois générations installées en Suisse, on est bien intégré. C’est pour ça qu’on devrait pouvoir se naturaliser plus facilement ». Il mentionne également les appréhensions que pourrait provoquer de façon injustifiée l’épreuve d’un test d’intégration chez une personne déjà intégrée : « ça peut être un obstacle si on est bien intégré et que l’on doit passer un test. On peut avoir la pression de réussir et la peur d’échouer ». Dès lors, la facilitation de la procédure pour les jeunes de la 3ème génération permet aussi de faciliter l’accès à une demande de naturalisation par la suppression d’éventuels obstacles émotionnels.

Comment imaginer l’avenir sans reconnaissance ?

Si le nombre de jeunes de la 3ème génération remplissant les critères pour une naturalisation facilitée s’estime actuellement à 25 000 personnes âgées entre 9 et 25 ans, alors il représente véritablement un potentiel pour la société suisse. Ces personnes ne sont pas destinées à quitter la Suisse et y resteront. Comme l’évoque Denise : « Je suis née ici, je suis allée à l’école ici et j’y ai suivi ma formation. Je travaille ici. Je veux vieillir en Suisse et ne veut pas partir ». Faciliter l’accès à la naturalisation de personnes intégrées renforcera, par la même occasion, le tissu social et professionnel qui contribue à l’essor économique de la Suisse. L’analyse de l’histoire nous présente toujours une piqûre de rappel avec l’existence des travailleurs saisonniers et des autres migrants qui ont participé à la construction de la Suisse actuelle. Par ailleurs, la reconnaissance des jeunes de 3ème génération qui passe aussi par l’octroi de droits civiques permettra d’élargir la participation politique de la population et de renforcer le système démocratique. Vanessa témoigne de cette volonté de participer politiquement : « je me sens Suissesse […] et j’aimerais participer aux votations politiques qui concernent le pays auquel j’appartiens ». De l’avis d’une citoyenne helvétique qui s’exprime à la fin de la vidéo : « il est absolument nécessaire de faire partie de la société en n’ayant pas seulement des devoirs mais aussi des droits ».

Alors si le véritable visage des jeunes de la 3ème génération est maintenant dévoilé, une autre question fondamentale s’impose. Si les jeunes de la 3ème génération et les jeunes Suisses et Suissesses partagent un destin commun qui est celui de rester en Suisse et d’en faire partie, pourquoi ne pas réunir ces forces pour construire la Suisse de demain ?

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24 janvier 2017, Hélène Agbémégnah, Responsable politique de migration et questions juridiques Drucker-icon

Quel visage et quelle voix ont les jeunes de la 3ème génération ?

Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, a produit une vidéo actuellement disponible sur youtube en collaboration avec le syndicat Syna, Jeunesse.Suisse, le Conseil Suisse des Activités de Jeunesse (CSAJ) et Albinfo.ch. Cette vidéo donne la voix à deux jeunes de la 3ème génération et montre l’exemple de personnes nées en Suisse qui se sentent appartenir à ce pays. D’autres interventions dans la vidéo expliquent également les raisons qui justifient de voter «OUI » le 12 février prochain. suite

À l’heure des votations du 12 février, la population pourra décider si elle souhaite faciliter la naturalisation des jeunes de la 3ème génération de moins de 25 ans. Plusieurs conditions strictes conditionnent la possibilité de demander la naturalisation facilitée, mais pour véritablement comprendre l’enjeu des votations, il est avant tout nécessaire de comprendre qui sont les jeunes de la 3ème génération concernés pouvant déposer une telle demande. Dans ce contexte, la vidéo réalisée https://youtu.be/SJ5IvjyX9sI (en allemand seulement) montre deux témoignages de jeunes de la 3ème génération, leur lien avec la Suisse et les motivations qui les poussent à vouloir obtenir la nationalité suisse.

Travail.Suisse ainsi que les autres organisations partenaires de la vidéo considèrent que la naturalisation facilitée des jeunes de troisième génération de moins de 25 ans constitueraient une chance pour notre société. Leur naturalisation serait une véritable opportunité pour élargir leur participation politique et reconnaître celles et ceux qui construisent la Suisse de demain. D’après une récente étude de l’Université de Genève, les jeunes de 3ème génération âgés de moins de 25 ans se compteraient au nombre de 25 000. Ces jeunes sont né-e en Suisse, y ont suivi toute leur scolarité, y travaillent, ont des parents et grands-parents intégrés.

Pour plus d’informations :
Hélène Agbémégnah, responsable politique de migration et questions juridiques, tél 078 760 93 73
Selina Tribbia, responsable du service migration du syndicat Syna, tél. 078 741 48 14
Roman Helfer, Président de Jeunesse.Suisse, tél. 079 540 78 37
Annina Grob, Secrétaire générale ad interim du Conseil Suisse des Activités de Jeunesse (CSAJ), tél. 031 326 29 36
Bashkim Iseni, Directeur de Albinfo.ch, tél. 021 349 40 28

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12 janvier 2017, Hélène Agbémégnah, Responsable politique de migration et questions juridiques Drucker-icon

Naturalisation facilitée pour les étrangers de troisième génération : lancement de la campagne!

Aujourd’hui, la conseillère nationale Ada Marra et une large coalition de partis ont lancé la campagne pour un « OUI » à la naturalisation facilitée des jeunes étrangers de la 3ème génération. Le 12 février 2017, le peuple et les cantons devront se prononcer sur un changement de la Constitution fédérale qui permettra d’alléger la procédure pour les étrangers et étrangères de moins de 25 ans. Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleuses et travailleurs, soutient la campagne et a signé l’Appel lancé ce matin. suite

Travail.Suisse dit aussi « OUI » pour un changement de la Constitution, afin de permettre aux jeunes né-e-s en Suisse de moins de 25 ans d’obtenir un passeport sans devoir prouver une intégration dont ils font déjà preuve. Leurs parents et grands-parents ont aussi vécu en Suisse. Leurs parents y sont même nés et y ont été scolarisés. Qui d’autre qu’un jeune de la 3ème génération pourrait-il être mieux placé pour prouver son appartenance à la société suisse ?

Travail.Suisse a signé l’Appel (http://www.dritte-generation.ch) et invite à un large soutien de la population et des cantons. La facilitation de la naturalisation des personnes étrangères de 3ème génération permettra une meilleure reconnaissance sociale et politique pour des personnes déjà intégrées. Les jeunes sont l’avenir de la société et du marché du travail. Discriminer une partie de cette jeunesse dont font partie les jeunes de la 3ème génération serait donc une erreur pour notre avenir. Comment peut-on être né-e en Suisse, y avoir suivi toute sa scolarité, y travailler, avoir des parents et grands-parents intégrés et s’appeler encore « étranger » ?

Pour plus d’informations : Adrian Wüthrich, président, tél. 079 287 04 93

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22 novembre 2016, Adrian Wüthrich, Président Drucker-icon

De bonnes raisons de voter pour la naturalisation facilitée des étrangers de la 3ème génération !

L’initiative parlementaire d’Ada Marra « La Suisse doit reconnaître ses enfants » a pendant plus de huit ans été débattue au sein du Parlement fédéral. Maintenant, le peuple et les cantons pourront décider si « oui » ou « non » ils souhaitent faciliter la procédure pour les étrangers et étrangères né-e-s en Suisse et dont les parents et grands-parents ont aussi vécu ici. Mais que signifie réellement « reconnaître ses enfants » et qui sont-ils ? Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, soutient la campagne pour la votation qui aura lieu le 12 février 2017. suite

Après plus de huit ans de suspens et de vas-et-viens entre les deux chambres du Parlement fédéral, l’initiative parlementaire destinée à faciliter la naturalisation des étrangers de la troisième génération a enfin trouvé un consensus pour son acceptation. Le projet soumis à votation populaire implique à la fois une modification de la Constitution fédérale et de la Loi fédérale sur la nationalité. À l’heure actuelle, le choix de faciliter la naturalisation des étrangers de la troisième génération est du ressort des cantons et fait l’objet de leur volonté politique. Chaque canton est libre d’introduire ses propres règles pour faciliter la procédure : certains les ont déjà introduites, mais d’autres pas. Or, le projet sur lequel il faudra voter propose de modifier la Constitution fédérale, afin que tous les cantons de Suisse appliquent les mêmes règles en matière de naturalisation facilitée pour les étrangers et étrangères de troisième génération. Le 12 février 2017, le peuple et les cantons devront donc décider s’ils veulent permettre une uniformisation de la législation suisse pour faciliter la procédure de naturalisation des jeunes étrangers de moins de 25 ans.

Certains élus politiques qui n’établissent toutefois pas clairement de distinction entre les personnes étrangères nées en Suisse et les personnes arrivées plus tard à un âge adulte, estiment que la naturalisation ne devrait pas s’acquérir « facilement ». En outre, la compétence pour faciliter les procédures devrait rester cantonale. Au contraire, de l’avis de Travail.Suisse, la nécessité d’unifier la législation pour garantir une égalité de traitement sur tout le territoire suisse est prioritaire. Par ailleurs, la facilitation de la procédure de naturalisation ne permettrait pas de brader le passeport suisse. Non seulement il s’agit de personnes déjà intégrées pour lesquelles aucun automatisme d’octroi du passeport n’est prévu, mais en plus leur naturalisation constituerait une chance pour la démocratie et la cohésion sociale.

Qui sont les jeunes de la troisième génération ?

Les conditions posées par le projet de modification de la Constitution fédérale et de la loi fédérale sur la nationalité concernent uniquement les jeunes qui sont né-e-s en Suisse et n’ont pas plus de 25 ans révolus. En plus d’être né-e en Suisse, l’étranger ou l’étrangère déposant une demande devra être titulaire d’une autorisation d’établissement (permis C) et avoir accompli cinq ans de scolarité obligatoire en Suisse. Il ou elle devra attester que ses parents et ses grands-parents ont également vécu en Suisse. Plus précisément, l’un des parents devra y avoir séjourné au moins dix ans, avoir le permis C et avoir accompli cinq ans de scolarité obligatoire. Concernant les grands-parents, l’un d’eux devra être né en Suisse ou « établir de manière crédible » qu’il y a été titulaire d’un droit de séjour.

Au-delà de ces conditions assez strictes qui fixent un cadre limité à ce que l’on entend par « étrangers de la troisième génération », il y a lieu de considérer davantage la notion d’intégration et de sentiment d’appartenance. Car si la logique de l’acquisition de la nationalité implique aussi une logique de « bonne » intégration et de sentiment d’appartenance, il faudrait alors que les personnes intégrées et appartenant à la Suisse puissent accéder à ce droit sans que des complications administratives les en empêchent. Dans la loi, certains éléments sont utilisés pour définir la notion d’intégration. Il est question de respect de la sécurité et de l’ordre publics ; de respect des valeurs de la Constitution ; de compétences linguistiques ; de volonté de participer à la vie économique ou d’acquérir une formation. Concernant les personnes étrangères nées en Suisse, on peut sans prendre de risques attester qu’elles remplissent pour la plupart ces conditions. En effet, elles parlent couramment une langue nationale et ont suivi toute leur scolarité obligatoire en Suisse. Par ailleurs, en raison de leur parcours scolaire, elles se prédestinent aussi à intégrer le marché du travail suisse. Elles connaissent et ont vécu à travers l’école et leur quotidien le système institutionnel suisse. Les jeunes de la troisième génération sont donc bel et bien « les enfants de la Suisse » pour lesquels il faut davantage reconnaître l’existence, plutôt que l’intégration qui est un fait.

Des conditions encore trop difficiles

Si l’octroi du passeport présuppose l’existence d’un lien particulier et étroit avec la Suisse, il n’existe pas de raisons valables à ce que les personnes qui font preuve de ce lien soient exclues de ce droit. Or, les conditions inscrites dans la Loi fédérale sur la nationalité pour la naturalisation des jeunes nés en Suisse ne suppriment pas un des obstacles majeur de la procédure : le sentiment d’humiliation. Lorsqu’une personne qui est née en Suisse et qui se sent appartenir à ce pays doit passer devant une commission de naturalisation, être auditionnée et répondre à des questions sur sa vie, elle préfère parfois ne pas entamer le processus qui paraît absurde et humiliant. Plusieurs autres obstacles s’ajoutent à la procédure, comme la question des coûts et de la durée. Obtenir la nationalité suisse n’est donc pas si facile ! Dans la loi actuelle, la seule facilitation pour les jeunes étrangers et étrangères né-e-s en Suisse consiste à doubler le nombre d’années vécues entre 10 et 20 ans. En 2018, de nouveaux durcissements s’ajouteront dans la loi et le doublement des années sera prévu entre 8 et 18 ans. Les conditions pour déposer une demande de naturalisation sont extrêmement strictes. Il est donc temps de les rendre plus souples pour tout le monde et pas seulement pour celles et ceux qui ont la chance de résider dans un canton qui a prévu la facilitation de la procédure.

Identité nationale et potentiel économique

Faut-il parler d’identité nationale ou d’identités nationales ? L’identité de la Suisse est bien plus complexe que nous pourrions l’imaginer. Avec sa diversité des langues et des cultures, il serait difficile d’exclure l’influence des personnes étrangères dans la composante identitaire suisse. L’histoire a d’ailleurs prouvé que l’essor économique de la Suisse a également été favorisé par la main-d’œuvre étrangère. Une partie de cette main-d’œuvre est maintenant la génération des grands-parents qui ont vu leurs enfants et petits-enfants naître en Suisse. Trois générations de travailleurs et travailleuses qui pour certaines sont déjà naturalisées. Celles-ci font partie intégrante de la Suisse, alors pourquoi faudrait-il laisser des obstacles à la naturalisation des jeunes de la troisième génération qui ne sont pas encore naturalisés ? Ces trois générations ont eu un impact sur l’économie et les jeunes représentent aussi un potentiel important sur le marché du travail qu’il faut valoriser.

La facilitation de la naturalisation permettrait en plus d’élargir le potentiel démocratique en élargissant le nombre de personnes capables d’aller voter. Or, il est indéniable que plus le nombre de personnes résidantes en Suisse qui participent au processus démocratique est élevé, plus il a de chance de représenter une réalité large des besoins et la volonté de la population.

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26 octobre 2016, Hélène Agbémégnah, Responsable politique de migration et questions juridiques Drucker-icon

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