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Chaque jour est une Journée du travail

Pour Travail.Suisse, l’organisation faîtière des travailleurs, chaque jour est une Journée du travail. En notre qualité d’organisation faitière, nous nous penchons sur tout ce qui a trait au travail et aux salariés en Suisse. À l’évidence, les exigences seront soulevées d’une manière un peu plus combative, dans l’environnement festif du 1er mai. Toutefois, cette date devra aussi nous montrer que seule notre solidarité nous permet de réaliser nos objectifs. Il nous faut le dire en particulier à toute personne qui n’est pas membre d’un syndicat ou d’une association du personnel. suite

Par le passé, c’est uniquement tous ensemble que les travailleurs et les syndicats ont pu atteindre leurs objectifs. Ne l’oublions pas le 1er mai ! Ce faisant, nous ne devons pas penser sur-le-champ à une grève générale comme celle qui est à l’origine de la Fête du Travail (c’est en effet le 1er mai 1886 que plusieurs milliers de travailleurs s’étaient mis en grève à Chicago pour obtenir de meilleures conditions de travail). Il suffit de rappeler qu’il a fallu lutter pour obtenir la protection de la santé, de meilleurs salaires, la sécurité sociale, et qu’il nous faut veiller à maintenir ces acquis. C’est ce que font les syndicats et les associations de personnel, sans lesquels les conditions de travail se détérioreraient.

Peur de perdre son emploi malgré une bonne conjoncture

La Suisse connaît l’un des marchés du travail les plus libéralisés. Ses lois et ses dispositions permettent aux entreprises de licencier facilement leurs collaborateurs. Ce n’est pas seulement en période économique difficile que les travailleurs et travailleuses ont peur de perdre leur emploi. Rien d’étonnant à cela: une enquête menée par la rédaction économique de la RTS auprès des grandes entreprises suisses cotées en bourse montre que des Suissesses et des Suisses sont licenciés et remplacés par des étrangères et des étrangers. Dans l’ensemble, l’économie va plutôt bien, et pourtant on licencie. Ce sont les travailleurs âgés qui remarquent de plus en plus le phénomène. Si les plus de 55 ans n’ont guère été touchés jusqu’ici par le chômage, celui-ci a augmenté, ces derniers temps, dans leur catégorie d’âge. Or, quiconque perd son travail à un âge avancé rencontre de grandes difficultés à se réinsérer dans la vie active.

Il est incompréhensible qu’en dépit de bonnes affaires, des entreprises renvoient des collaborateurs. Il est encore plus incompréhensible qu’elles les mettent à la rue pour les remplacer par des travailleurs étrangers. Il est clair que la Suisse – meilleur pays interconnecté au monde – a besoin des meilleurs spécialistes du monde entier. Mais l’argument portant sur le manque de qualifications ne doit pas être invoqué pour recruter des travailleurs étrangers plus jeunes et moins chers. Les entreprises doivent contribuer à développer également la main-d’œuvre.

La formation doit se poursuivre après l’école et l’apprentissage

Un cinquième de nos recettes fiscales est consacré à notre système de formation. Nous investissons beaucoup dans notre « capital humain », ce qui est juste et nécessaire. Mais ces milliards, l’Etat doit également les acquérir et, pour ce faire, il a besoin des entreprises. C’est pourquoi le non à la réforme de l’imposition des entreprises III a constitué une formidable victoire dans les urnes. Le manque de transparence et les pertes trop élevées de recettes fiscales sont à l’origine de ce refus. Si la Suisse souhaite avoir un système de formation de pointe à l’échelle mondiale, l’Etat doit disposer des moyens nécessaires.

Ces investissements ne doivent pas se borner aux écoles, aux écoles professionnelles, aux hautes écoles spécialisées et aux universités ; la formation continue doit se poursuivre au sein des entreprises qui doivent maintenir leurs employés au plus haut niveau, en particulier les plus âgés. La menace d’une pénurie de main-d’œuvre qualifiée se fera cruellement sentir: on aura besoin des travailleurs âgés jusqu’à leur départ à la retraite. Trop souvent, dès qu’ils ont atteints un certain âge, les entreprises n’investissent plus pour eux, ce qui est une erreur. Il convient de faire changer les mentalités au sein des entreprises, en garantissant davantage la formation continue, collectivement et en l’exigeant soi-même.

Les intentions des représentants du patronat sont claires: une libéralisation accrue du marché de l’emploi. Le Parlement souhaite supprimer la saisie du temps de travail pour davantage de catégories professionnelles, et supprimer la moitié des dispositions de la loi sur le travail concernant les cadres moyens et les spécialistes! Deux interventions ont déjà été acceptées par les commissions parlementaires compétentes. En l’occurrence, nous devrons nous battre contre la suppression inutile de prescriptions de protection.

Prévoyance vieillesse 2020 : social et juste

Nous avons réussi à empêcher que les rentes soient réduites et l’âge de la retraite relevé à 67 ans dans la prévoyance vieillesse. La Prévoyance vieillesse 2020 permet à l’AVS et aux caisses de pension de se développer et d’être garanties au moins jusqu’en 2030. Il n’est pas étonnant que l’Union patronale suisse rejette le projet de loi. Afin de maintenir le niveau des rentes actuelles, tout le monde paiera sur son salaire le 0,3 pour cent salarial supplémentaire nécessaire pour relever les rentes AVS de 70 francs par mois. Mais celles et ceux qui gagnent bien leur vie ne toucheront pas plus que la rente maximum. Cela s’appelle l’équilibre social et c’est plus que justifié eu égard à la répartition inégalitaire de la richesse en Suisse. Du fait que la discrimination salariale des femmes n’est pas encore éliminée dans notre pays, le relèvement de l’âge de la retraite pour les femmes constitue le bémol du projet de loi. Pourtant, dans l’ensemble, les avantages pour les bas revenus et les personnes travaillant à temps partiel pourront compenser les conséquences négatives. En cas de Non dans les urnes, le danger existe que le montant des rentes baisse et que l’âge de la retraite soit relevé. Le comité de Travail.Suisse, à l’unanimité, propose donc à l’Assemblée des délégué-e-s de soutenir la prévoyance vieillesse le 24 septembre.

Nous continuerons de poursuivre notre lutte tous ensemble en faveur du progrès social et d’une qualité de vie accrue pour les salariés! Le 1er mai et même au-delà! Pour nos salaires, pour nos rentes et pour notre congé paternité!

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2017-04-21 Medienservice Text 1.Mai.f.docx 18 KB

25 avril 2017, Adrian Wüthrich, Président Drucker-icon

Le Conseil national doit prévoir davantage de structures d’accueil extra-familial abordables

En Suisse, le coût des structures d’accueil parafamilial est exorbitant. De plus, il y a une pénurie de places d’accueil qui offrent un encadrement fiable également aux enfants dont les parents ont des horaires de travail irréguliers. Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs, invite le Conseil national à soutenir les améliorations proposées par le Conseil fédéral dans la Loi fédérale sur les aides financières à l’accueil extra-familial pour enfants. L’incitation financière additionnelle aboutit à une offre d’accueil moins onéreuse et mieux adaptée au monde du travail d’aujourd’hui. suite

L’initiative de la Confédération visant à combattre la pénurie de personnel qualifié implique une participation professionnelle accrue des parents, en particulier des mères, à la vie active. Toutefois, la condition préalable est d’avoir davantage de fiabilité dans les offres d’accueil parafamilial. À cet égard, il ne suffit pas d’espérer la bonne volonté des différents cantons. La Confédération doit mettre en place des incitations ciblées permettant de mieux concilier vie familiale et vie professionnelle. Certes, les cantons sont pour l’essentiel responsables des structures d’accueil parafamilial. Toutefois, la réalité montre que de nombreux cantons dépendent du soutien de la Confédération pour mieux concilier travail et famille. Sans l’engagement fédéral, les parents sont plus ou moins tributaires du facteur chance, selon qu’ils peuvent compter ou non sur une bonne infrastructure d’accueil du canton où ils résident. Ce n’est pas conforme à la vie actuelle. Le monde moderne du travail ne connaît pas de frontière cantonale. À cet égard, la population compte elle aussi sur un engagement accru de la part de la Confédération; en 2013, elle a accepté, par plus de 54 pour cent de oui, l’article sur la famille qui a échoué seulement à cause de la double majorité.

Les programmes d’incitation de la Confédération fonctionnent

Compte tenu du manque d’infrastructure extra-familiale, la Confédération avait lancé une incitation financière: le programme d’impulsion de la Confédération visant à créer de nouvelles places d’accueil afin de permettre aux familles de mieux concilier vie familiale et vie professionnelle est en place depuis 14 ans. La Confédération a ainsi soutenu – dans le cadre de plus de 3’000 demandes – la création de quelque 55‘000 places d’accueil dans des crèches, des garderies postscolaires et des familles d’accueil de jour. Aujourd’hui comme hier, les besoins sont importants, et le programme une réussite. Grâce à lui, un nombre nettement plus élevé de places d’accueil est aujourd’hui mis à disposition dans de nombreuses régions.

À part sa disponibilité, le coût abordable de la prestation est un problème

À part la disponibilité des places d’accueil, il existe actuellement un autre obstacle: les parents sont surtout écrasés par la tarification des crèches. Certes, le coût, corrigé du pouvoir d’achat, de l’accueil parafamilial en Suisse est comparable à ceux de nos voisins : l’Allemagne, l’Autriche et la France. Toutefois, au contraire des pays voisins, en Suisse ces coûts sont en grande partie répercutés sur les parents. 1 Ce qui rend l’accueil extra-familial extrêmement coûteux en Suisse et signifie souvent qu’un deuxième salaire n’est guère rentable sur le plan financier.

Un remède via une nouvelle incitation financière

C’est pourquoi le Conseil fédéral et le Conseil des Etats souhaitent mettre à disposition 100 millions de francs au total par le biais d’une nouvelle incitation financière dans le cadre de l’Initiative visant à combattre la pénurie de personnel qualifié, pour faire baisser le coût de l’accueil parafamilial, d’une manière ciblée, et pour mettre à disposition des offres répondant mieux aux besoins des parents. Des offres pour le midi et pendant les vacances ou des offres spécialement adaptées aux parents ayant des horaires de travail irréguliers pourraient ainsi être soutenues. Pour les cantons, ce soutien sert d’incitation à décharger les parents par le biais des tarifs. La Confédération accorde aux cantons qui augmentent les subventions, 65 pour cent du montant supplémentaire pour la première année. La deuxième année, elle accorde encore 35 pour cent, puis 10 pour cent la troisième année.

Désormais, Travail.Suisse invite aussi le Conseil national à soutenir le projet de loi et à suivre sa commission. À maints égards, il vaut la peine de penser à long terme et d’investir dans une offre d’accueil parafamilial qui soit fiable et abordable:

• L’avantage économique de structures d’accueil de jour est attesté: à long terme, chaque franc investi peut rapporter aux pouvoirs publics 2.6 à 3.5 francs de rendement. Ce calcul est basé sur le fait que les revenus des ménages seront plus élevés, les recettes fiscales également, ainsi que les cotisations aux assurances sociales, alors que les coûts de l’aide sociale diminueront. Le rapport coûts-avantages est excellent pour la Confédération. 2 Il est donc tout à fait indiqué que celle-ci contribue au financement.

• Une meilleure infrastructure d’accueil permet d’augmenter le nombre de travailleurs qualifiés. Des études prévoient qu’il manquera environ un million de personnes qualifiées pour les prochaines décennies. Il ne sera possible d’augmenter le taux d’occupation des travailleurs à temps partiel que si le coût de l’accueil extra-familial n’engloutit pas complètement le salaire supplémentaire. Selon une étude d’évaluation du programme d’impulsion appliqué jusqu’ici, les parents n’ayant pas trouvé de place d’accueil extra-familial ont dû réduire leur taux d’occupation en moyenne de 34 pour cent de poste (crèche) ou de 20 pour cent de poste (garde extrascolaire. 3

• De nombreux parents souhaitent vivre selon un modèle égalitaire des rôles. 4 Une bonne infrastructure d’accueil extra-familial encourage l’égalité entre les deux parents et favorise une répartition égalitaire des rôles. Les mères ont tendance à travailler davantage si l’offre d’accueil est bonne, les pères réduisent plutôt leur activité professionnelle à plein temps pour exercer des tâches d’encadrement. 5

Des déductions fiscales plus élevées ne suffisent pas

Les partis bourgeois et les représentants patronaux refusent l’incitation financière additionnelle en se référant au projet de loi actuellement en procédure de consultation visant à augmenter les déductions fiscales pour les frais de garde des enfants par des tiers. On suggère qu’il faudrait simplement augmenter les déductions fiscales et que le problème serait ainsi résolu. Il va de soi que les frais de garde par des tiers devraient être déduits des impôts. Mais le problème ne serait pas pour autant résolu. Vouloir gérer la politique familiale uniquement par le biais des impôts, c’est comme si l’on faisait reposer la prévoyance vieillesse uniquement sur le 3e pilier. L’influence négative des impôts sur l’incitation à travailler existe certes, mais le plus souvent l’incidence des coûts élevés de l’accueil extra-familial la dépasse largement.^6^ En Suisse, les plus importantes incitations négatives à travailler sont dues au fait que les frais d’accueil des enfants sont en grande partie répercutés sur les parents. C’est pourquoi les deux projets de loi se complètent et ne devraient pas se faire concurrence.

Travail.Suisse a la conviction qu’à moyen terme un meilleur Service public est requis dans ce domaine, et demande donc que les incitations financières fédérales actuelles soient transformées à moyen terme en une loi-cadre pour les infrastructures d’accueil. L’incitation financière additionnelle en vue d’augmenter le nombre de places d’accueil abordables est un petit pas, mais un pas important.

1 https://www.admin.ch/gov/fr/accueil/documentation/communiques.msg-id-57919.html

2 http://www.buerobass.ch/studienPopup_d.php?projektId=98

3 https://www.admin.ch/gov/fr/accueil/documentation/communiques.msg-id-51498.html

4 Voir Lévy/Le Goff: Devenir parents, devenir inégaux. Transition à la parentalité et inégalités de genre.

5 www.PNR60.ch

6 Lire p.ex. le résumé de l’étude “Familienfreundliche Steuer- und Tarifsysteme – Vergleich der Kantone Basel-Stadt und Zürich” p. 9 http://www.personalradar.ch/wp-content/uploads/2012/08/Zusammenfassung-der-Gesamtstudie-Familienfreundliche-Steuer-und-Tarifsysteme.-Vergleich-der-Kantone-Basel-Stadt-und-Z%C3%BCrich..pdf

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2017 04 25 Famillienergänzende Betreuung.f.docx 21 KB

25 avril 2017, Matthias Kuert Killer, Responsable politique sociale Drucker-icon

Mesures d’accompagnement: Démarches hésitantes – problèmes fondamentaux non résolus

Après l’acceptation de l’initiative contre l’immigration de masse le 9 février 2014, on a beaucoup discuté d’une adaptation des mesures d’accompagnement afin de protéger les salaires et les conditions de travail des travailleurs. Plus de trois ans ont passé, le Parlement a décidé de mettre en œuvre l’initiative par le biais d’une obligation d’annoncer les places vacantes, il est donc temps de faire le point sur les mesures d’accompagnement. suite

Il a été largement admis que la peur de voir se détériorer le marché du travail – soit directement, avec un effet de pression et des chances moindres lorsqu’un poste doit être repourvu, soit par une pression accrue sur les conditions de travail ou une stagnation des salaires – a contribué à l’acceptation de justesse de l’initiative contre l’immigration de masse. De même a prévalu l’interprétation que cette acceptation ne signifiait pas une opposition générale à la libre circulation des personnes ni aux accords bilatéraux conclus avec l’Union européenne. Par conséquent, le Parlement, pour mettre en œuvre cette initiative, a choisi une voie compatible avec l’UE : l’obligation d’annoncer les emplois à repourvoir. Travail.Suisse continue de penser que seule une amélioration continue des mesures d’accompagnement peut assurer durablement la protection des salaires et les conditions de travail, et partant, l’acceptation de la libre circulation des personnes par la population.

De petites adaptations de choses qui vont de soi

Le 1er avril de cette année sont entrées en vigueur deux adaptations touchant les mesures d’accompagnement. D’une part, dans la loi sur les travailleurs détachés, il a été décidé de relever de 5000 à 30’000 francs les sanctions des infractions aux règles sur les salaires minimaux et les conditions de travail. Travail.Suisse estime cette mesure trop tardive pour augmenter l’effet préventif des mesures d’accompagnement. D’autre part, la possibilité légale de prolonger un contrat-type de travail (CTT) a été créée. De cette manière, un contrat-type de travail de durée limitée, avec salaires minimaux obligatoires, qui a été conclu sur la base de sous-enchères répétées des salaires usuels dans la branche et la localité, peut être prolongé une fois le délai de validité écoulé sans qu’on doive attendre de nouvelles sous-enchères salariales. Cette modification ne fait que combler une lacune, elle n’améliore pas les mesures d’accompagnement, elle va donc de soi.

Il en va de même de l’adaptation programmée de la loi sur les travailleurs détachés, mise en consultation jusqu’à la fin du mois de mai. Le nombre minimal des contrôles annuels prescrits dans l’ordonnance doit passer de 27’000 aujourd’hui à 35’000. Ce qui passe à première vue pour une augmentation de près de 30 pour cent, doit être ensuite relativisé. En 2015, par exemple, les commissions paritaires et tripartites de Suisse ont effectué quelque 45’000 contrôles. 1 La modification proposée ne changera donc rien concrètement, mais c’est un signe clair que les mesures d’accompagnement sont un instrument important, appelé à le devenir toujours plus, de contrôle du marché du travail suisse.

Un accent trop lourd sur l’optimisation de l’exécution

Dans le cadre de la mise en œuvre de l’initiative sur l’immigration de masse, l’accent a été mis sur l’optimisation de l’exécution des mesures d’accompagnement. Le plan d’action pour optimiser l’exécution, comme on l’a nommé, inclut diverses mesures visant d’abord à mieux professionnaliser les commissions paritaires et cantonales tripartites et ensuite, à unifier leur travail. Pour ce faire, une stratégie de contrôle basée sur le risque y est ancrée, ainsi que la formation des inspecteurs et les échanges entre les différentes commissions. De plus, des standards minimaux ont été fixés pour les contrôles, les procédures d’accord et les sanctions administratives et il a été décidé d’introduire des délais de traitement des dossiers, ce qui implique en partie une augmentation du rythme des réunions des commissions. Travail.Suisse se félicite de l’optimisation de l’exécution, surtout si elle entraîne une plus grande homogénéité des procédures cantonales. Il regrette en même temps que l’accent mis sur l’exécution laisse de côté des problèmes essentiels dans le domaine des mesures d’accompagnement.

Problèmes essentiels non résolus

Un problème essentiel réside dans la part minime des travailleurs de Suisse qui sont protégés par des salaires minimaux obligatoires. Avec une couverture par des conventions collectives de travail (CCT) de 50 pour cent des travailleurs, la Suisse reste très en arrière en comparaison européenne. Un allègement de la déclaration de force obligatoire des CCT est une urgence, pour augmenter le nombre des travailleurs couverts par ces conventions. Enfin, sans indication de salaire minimal obligatoire, il manque une limite claire au dumping salarial. Ainsi, les salaires usuels dans les branches et les divers lieux sont indiqués de manière différente selon les cantons, et ils sont parfois assortis de déductions supplémentaires ou de seuils d’abus arbitraires. Cela prouve de grandes différences entre cantons et indique aussi des limites très peu claires du dumping salarial, ce qui nuit à la transparence et à la crédibilité des mesures d’accompagnement. Il faut d’urgence un calculateur de salaires national et des seuils d’abus comparables, pour pouvoir porter un jugement sans distinction sur les sous-enchères salariales et garantir l’application uniforme des mesures d’accompagnement. Il est significatif que la grande majorité des contrats-type de travail cantonaux aient été édictés dans les cantons de Genève et du Tessin et que les seuls autres cantons qui connaissent ces contrats sont ceux du Valais et du Jura. Donc, la grande majorité des cantons ne fait pas usage d’un instrument important des mesures d’accompagnement. La décision prise par la commission tripartite du canton de Zurich le 2 mars 2017 n’en a été que plus décevante, qui renonçait à réclamer l’édiction d’un contrat-type de travail, malgré une multiplication des sous-enchères salariales dans les domaines du commerce de détail et de la construction de machines. 2

D’autre part, il faut mettre en œuvre le plus rapidement possible le projet de certification des CCT, resté en attente. Avec un tel certificat, une entreprise pourrait prouver que les contrôles auxquels elle a été soumise n’ont détecté aucune infraction aux conditions de salaire et de travail. C’est plus précisément dans le domaine des marchés publics que cette certification garantirait que les mandats ne sont attribués qu’aux entreprises qui peuvent prouver qu’elles respectent les conditions de salaire et de travail. L’Etat pourrait ainsi s’assurer qu’il ne collabore qu’avec des entreprises qui garantissent la protection de leurs travailleurs.

1 Cf. Rapport FlaM 2015. SECO

2 Cf. http://www.rr.zh.ch/internet/regierungsrat/de/der_regierungsrat/kommissionen/tripartite-kommission.html

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2017 04 25 Flam Fazit.f.docx 17 KB

25 avril 2017, Gabriel Fischer, Responsable politique économique Drucker-icon

Les travailleuses et travailleurs plus âgés se sentent exclus

La troisième Conférence nationale sur le thème des travailleurs âgés aura lieu le 25 avril 2017. Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, salue cette conférence bien qu’elle ne peut ni décider de réglementations légales ni ne dispose de moyens financiers. Mais elle a au moins le mérite de renforcer la conscientisation pour ce thème et de déclencher des activités à différents niveaux. suite

La situation sur le marché du travail des travailleuses et travailleurs plus âgés se caractérise par une profonde insatisfaction renforcée par des sentiments et des expériences de discrimination 1 . La personne qui se retrouve sans emploi après 55 ans a peur de subir un processus de marginalisation sociale et de manquer d’argent avec l’âge ; mais elle doit aussi faire face à un marché du travail où les travailleuses et travailleurs plus âgés ont clairement de moins bonnes cartes en mains que les candidates et candidats plus jeunes. Il n’est, certes, pas exclu de retrouver le chemin du marché du travail après 55 ans. Mais il est cependant étonnant de voir comment même des personnes bien qualifiées ont la plus grande peine à être invitées, ne serait-ce qu’à un entretien d’embauche. Il est dès lors important que sur le plan cantonal, régional ou au niveau d’une branche, se développent et continuent à se développer toute une série d’initiatives qui soutiennent les demandeuses et demandeurs d’emploi plus âgés par le biais de programmes de sensibilisation, de formation continue et avant tout par du coaching. Toutes aussi importantes sont les mesures préventives qui aident les travailleuses et travailleurs plus âgés à ne pas décrocher du marché du travail.

Les mesures préventives sont importantes

Comme tous les autres travailleurs, et d’ailleurs aussi tous les employeurs, les travailleuses et travailleurs plus âgés sont confrontés à leur lieu de travail aux changements économiques, sociétaux et technologiques les plus variés. Comme tous les autres aussi, ils doivent pouvoir maîtriser les changements en cours. Pour ce faire, il faut qu’ils soient prêts à aborder les défis qui se posent mais qu’ils aient aussi la possibilité de mettre à jour leurs connaissances – que ce soit à leur place de travail ou dans un cours de formation ou de formation continue.

Etablir un bilan de compétence, en particulier vers le milieu de la vie active, est toujours plus important pour une carrière professionnelle. Il permet de donner un aperçu sur la situation professionnelle actuelle tourné autant vers la personne que vers le contexte de la carrière. Il montre les points forts de la personne mais aussi les compétences nouvelles qu’il faut acquérir. Des bilans de compétence sont donc des instruments précieux pour planifier une formation continue ciblée ou préparer l’entretien d’évaluation avec l’employeur. Il est donc très utile que les employeurs soutiennent la mise en place de bilans de compétence de leurs collaborateurs et collaboratrices et les utilisent comme base pour un développement de la carrière à partir du milieu de la vie active. On peut définir les carrières comme horizontales, verticales ou aussi en forme d’arc. Il est important de connaître le but vers lequel on tend en commun et de prendre les mesures (de formation) correspondantes.

Motivation et moins de déqualifications

Les entreprises qui procèdent ainsi créent des conditions favorables pour des travailleuses et travailleurs plus âgés plus motivés et pour des travailleurs qui ont alors moins à lutter contre des situations de déqualification. Ce faisant, ces entreprises montrent qu’elles prennent avec sérieux la situation démographique. Eu égard à la pénurie de personnel qualifié qui s’exacerbe année après année, il vaut la peine d’investir des ressources pas seulement pour les jeunes mais aussi pour les employés qui feront partie dans 10 ou 15 ans du groupe des travailleurs plus âgés. Dans les prochaines années, ils seront d’importants soutiens de l’économie dont on ne peut pas renoncer.

1 http://gfs-zh.ch/wp-content/uploads/2016/12/gfs-z%C3%BCrich_Befragung-zum-Thema-%C3%A4ltere-Arbeitsnehmende.pdf

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2017 04 11 Aeltere-Arbetnehmende Standortbestimmung F.docx 18 KB

11 avril 2017, Bruno Weber-Gobet, Responsable politique de formation Drucker-icon

La stratégie énergétique 2050 est aussi excellente pour le maintien et la création d’emplois en Suisse

Travail.Suisse dit clairement oui la stratégie énergétique 2050 sur laquelle le peuple se prononcera le 21 mai 2017. Elle permettra à la Suisse de baser toujours plus son approvisionnement énergétique sur des sources d’énergies renouvelables, ce qui est indispensable pour la politique climatique et a aussi l’énorme avantage de favoriser l’innovation et les emplois en Suisse. Un rejet créerait un climat d’incertitude inquiétant, ce qui ferait baisser les investissements et serait préjudiciable à la place de travail helvétique. suite

Après la catastrophe nucléaire de Fukushima en 2011, le Conseil fédéral et le Parlement ont décidé la sortie progressive de l’énergie nucléaire en Suisse. C’est ainsi qu’est née la stratégie énergétique 2050 qui vise à réduire la consommation d’énergie, augmenter l’efficacité énergétique et développer les énergies renouvelables tout en mettant progressivement hors service les centrales nucléaires. La stratégie énergétique fixe des objectifs clairs de réduction de consommation (43% de moins de consommation d’énergie par habitant et 13% de moins de consommation d’électricité d’ici 2035 par rapport à 2000) et de développement de la production d’électricité issue des énergies vertes (au moins 11’400 gigawatt GW d’ici 2035 contre 3000 actuellement).

Pour atteindre ses objectifs, le soutien aux énergies renouvelables sera renforcé via l’augmentation de la rétribution du courant vert à prix coûtant (RPC) de 1,5 centime actuellement jusqu’à 2,3 centimes par kWh ; cela rapportera 1,3 milliard de francs par an (actuellement 850 millions de francs). Les moyens pour l’assainissement énergétique des bâtiments seront augmentés de 300 à 450 millions de francs par an. De plus, les normes d’efficacité énergétique seront renforcées (appareils, voitures etc.).

Les chiffres totalement faux de l’UDC

Le 21 mai 2017, nous ne votons que sur la première partie de la stratégie énergétique 2050, telle que décrite ci-dessus, du fait de l’aboutissement du référendum de l’UDC et de quelques autres organisations. Cette partie de la stratégie énergétique 2050 ne fait que renforcer une modification de la loi sur l’énergie approuvée par le Parlement et entrée en vigueur au début 2014. Or, les adversaires argumentent par rapport à la 2ème étape de la stratégie qui prévoit de remplacer ultérieurement le système d’encouragement de la première étape par un système incitatif basé sur une taxation de l’énergie. Or cette étape ne fait pas l’objet de la votation du 21 mai. De plus, les signaux envoyés par la politique montrent que cette 2ème étape de la stratégie énergétique n’a en l’état actuel aucune chance au Parlement. C’est pourquoi les chiffres avancées par l’UDC, faisant croire que la stratégie énergétique coûtera plusieurs milliers de francs par ménage et par an, ne reposent que sur du…vent. De plus, même si cette 2ème étape était réalisée, ils resteraient totalement fantaisistes car ils ne tiennent pas compte des effets positifs pour les ménages comme la substitution des importations des énergies fossiles et l’effet d’incitation qui encouragerait les ménages et l’économie à réduire leur consommation d’énergie.

La mise en œuvre de la partie de la stratégie énergétique qui fait l’objet du vote du mois de mai coûtera selon l’Office fédéral de l’énergie (OFEN) environ 40 francs suisses de plus par an pour une famille moyenne qui paie aujourd’hui 75 francs de supplément réseau par an. On peut aussi considérer ce montant comme un investissement pas cher du tout puisqu’il nous permettra de réduire la dépendance de la Suisse envers les importations de pétrole et de gaz (environ 13 milliards de francs par an !) et qu’il générera des emplois et de la valeur ajoutée en Suisse.

De plus, contrairement à ce que prétendent les adversaires, ce n’est pas la stratégie énergétique 2050 qui met en péril notre approvisionnement énergétique : car en le basant de plus en plus sur les énergies renouvelables indigènes, on s’affranchit justement de la dépendance d’énergies fossiles polluantes provenant aussi bien souvent de pays instables. Enfin, les initiateurs du référendum ne proposent aucune alternative à la stratégie énergétique 2050. Ou alors une alternative non crédible reposant sur le maintien de l’énergie nucléaire que le peuple ne veut plus.

L’économie totalement divisée

L’UDC a aussi échoué à avoir, comme elle l’a espéré, les milieux économiques derrière elle. Elle n’a fait que provoquer des divisions au sein des associations économiques. Ainsi l’USAM a dit oui à la stratégie énergétique 2050 et economiesuisse s’est abstenu en raison de divisions internes. Seules quelques associations de branche, comme l’industrie des machines, disent non. Le non de l’industrie des machines est d’ailleurs surprenant car les entreprises grosses consommatrices d’électricité de cette branche peuvent compter avec la stratégie énergétique sur d’importantes réductions ou même suppressions du supplément RPC pour autant qu’elles prennent des engagements d’économie d’énergie. Pour les autres, le prix de l’électricité – elles peuvent se fournir sur le marché libre – ne représente pas de problèmes pour leur compétitivité.

Une stratégie bonne pour l’innovation et les emplois

Sous l’angle économique, la stratégie énergétique 2050 est positive car elle renforce fortement l’innovation dans les cleantech et favorise le maintien et la création d’emplois de différents niveaux de qualification dans toutes les régions du pays. En effet, l’installation et la maintenance des différents systèmes d’énergies renouvelables se font de manière décentralisée et nécessitent donc de la main-d’œuvre partout en Suisse. Les entreprises de construction, les électriciens, les exploitants des centrales hydroélectriques mais aussi les agriculteurs, les forestiers, les professionnels du bois ou les ingénieurs profiteront des nouvelles opportunités de la stratégie énergétique. Pour donner un exemple, on relèvera qu’en 2014, le programme d’assainissement énergétique des bâtiments a généré 700 millions de francs d’investissement et permis la création de 5000 emplois.

Par ailleurs, le développement de l’énergie renouvelable indigène favorise les investissements en Suisse, ce qui créera des places de travail dans notre pays. La stratégie énergétique 2050, en favorisant l’innovation en Suisse, renforce aussi la compétitivité des entreprises suisses. Les innovations dans le secteur de l’énergie et de l’efficacité énergétique développées par des entreprises suisses pourront être aussi exportées à l’étranger, ce qui permettra de maintenir et de créer des emplois en Suisse. Pas étonnant alors que de très nombreuses entreprises et entrepreneurs suisses font partie de l’alliance « L’économie suisse pour la Stratégie énergétique 2050 » (www.se2050.ch).

La stratégie énergétique 2050 contribue ainsi à la prospérité de la Suisse et à la qualité de vie de ses habitant-e-s à long terme. En cas de rejet, les investissements à venir considérables dans l’efficacité énergétique et le développement des énergies renouvelables tout comme dans le réseau électrique seront fortement freinés en raison de l’incertitude qui gagnera la politique énergétique suisse à l’avenir. Cela prétéritera bien entendu la dynamique de la création de nouveaux emplois dans le secteur énergétique et aura donc des répercussions négatives pour la place de travail suisse.

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2017 04 11 Votation StratEnerg f.docx 22 KB

11 avril 2017, Denis Torche, Responsable politique environnementale, fiscale et extérieure Drucker-icon

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